L’administration américaine a déclenché une nouvelle vague de sanctions économiques contre la République islamique. Cette offensive financière, annoncée mercredi, vise spécifiquement les réseaux de financement du secteur de la défense iranien, dans un climat paradoxal où les deux nations maintiennent un canal diplomatique actif.
Selon les informations rapportées par Al Jazeera, le département du Trésor américain a ciblé douze navires, ainsi que plusieurs entreprises et individus. Washington accuse ce réseau de commercialiser du pétrole iranien dans le but exclusif de financer le programme de missiles balistiques de Téhéran. Concrètement, ces mesures entraînent le gel des avoirs des entités désignées aux États-Unis et interdisent aux citoyens américains toute transaction financière avec elles. Le secrétaire au Trésor, Scott Bessent, a justifié cette décision par voie de communiqué, affirmant que l’Iran exploite le système financier international pour blanchir des fonds et développer son arsenal.
Cette pression économique s’inscrit dans un contexte militaire et rhétorique particulièrement tendu. Elle intervient au lendemain du discours sur l’état de l’Union du président Donald Trump, qui a réitéré ses avertissements à l’encontre de Téhéran. Parallèlement, les États-Unis continuent de masser des moyens militaires dans la région, avec le déploiement de deux porte-avions et d’importantes flottes d’avions de chasse. Depuis son retour à la Maison-Blanche en 2025, Donald Trump a réactivé sa campagne de « pression maximale », une stratégie initiée en 2018 après le retrait de l’accord sur le nucléaire (JCPOA), avec pour objectif d’étouffer les exportations pétrolières iraniennes.
Malgré cette escalade sur le terrain économique et militaire, les négociations se poursuivent. Des émissaires américains et iraniens se retrouvent ce jeudi à Genève pour leur troisième session de pourparlers de l’année. Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a déclaré qu’un accord « juste et équilibré » restait envisageable avec Washington, tout en soulignant que son pays ne renoncerait pas à l’usage pacifique de la technologie nucléaire.
Téhéran, qui qualifie les sanctions visant son secteur énergétique de « piraterie », a également rejeté les récentes accusations concernant la portée de son arsenal. Abbas Araghchi a formellement démenti les affirmations de Donald Trump selon lesquelles l’Iran développerait des missiles capables d’atteindre le territoire américain. Le chef de la diplomatie iranienne a estimé que le président américain était devenu « la victime de fake news », précisant que la portée des missiles iraniens est techniquement bridée à moins de 2 000 kilomètres, une limite fixée pour répondre à des impératifs strictement défensifs.


