Le pape Léo a achevé mercredi une visite notable dans une prison de Bata, en Guinée équatoriale. Cette étape de sa tournée africaine a mis en lumière la question des droits humains et des conditions de détention sous l’administration du président Teodoro Obiang Nguema Mbasogo.
Selon les informations rapportées par Al Jazeera, le chef de l’Église catholique s’est adressé à 600 détenus, incluant une trentaine de femmes. Face à ces prisonniers au crâne rasé, vêtus d’uniformes orange ou vert kaki et portant des sandales en plastique, le pontife américain de 70 ans a insisté sur le fait que la justice doit protéger la société tout en respectant la dignité de chaque individu.
Les échanges se sont tenus dans la cour de l’établissement pénitentiaire, où le pape a écouté plusieurs témoignages sous la pluie. Il a rappelé aux autorités locales que l’incarcération ne devait pas être envisagée uniquement comme une punition. Le souverain pontife a plaidé pour la mise en place d’opportunités d’études et de travail pour les personnes condamnées, soulignant qu’une véritable justice cherche à aider à la reconstruction des vies brisées.
Cette intervention s’inscrit dans le cadre du dixième jour de sa tournée continentale. Lors d’une précédente messe à Mongomo, à laquelle assistait le président Teodoro Obiang Nguema Mbasogo, le pape avait déjà appelé à garantir davantage d’espace pour la liberté. Le dirigeant de 83 ans, au pouvoir depuis 1979, fait régulièrement face à des accusations de violations des droits humains. En 2023, le Département d’État américain avait notamment documenté des cas de torture, de surpopulation extrême et d’insalubrité dans les prisons équato-guinéennes.
Parallèlement, l’attention s’est portée sur un accord migratoire conclu l’année dernière entre le gouvernement d’Obiang et l’administration de Donald Trump. Ce pacte prévoit l’accueil en Guinée équatoriale de personnes expulsées depuis d’autres pays. Lundi, soixante-dix ONG ont adressé une lettre ouverte au pape Léo, le pressant d’intervenir pour exiger un traitement juste, humain et légal pour ces individus soumis à des pressions en vue de leur retour.


