La Suède veut durcir ses règles contre l’utilisation des réseaux sociaux par les gangs criminels. Le gouvernement suédois a annoncé mercredi un projet de loi visant des plateformes comme TikTok, Instagram et Snapchat, accusées de servir à diffuser des annonces de recrutement pour des meurtres et d’autres actes violents.
Selon les informations rapportées par Insider Paper, l’exécutif prévoit d’imposer aux plateformes le retrait de ces contenus dans un délai d’une heure. En cas de non-respect, elles pourraient être sanctionnées par de lourdes amendes. Le ministre suédois de la Justice, Gunnar Strommer, a déclaré lors d’une conférence de presse que son pays serait le premier dans l’Union européenne à adopter une législation de ce type visant le recrutement d’enfants et de jeunes par le crime organisé.
Le gouvernement affirme que les gangs actifs en Suède utilisent de plus en plus les réseaux sociaux pour recruter des personnes chargées de commettre des assassinats ou d’autres violences, dans un contexte de montée du phénomène décrit comme un « crime as a service ». D’après les autorités, les recrues sont souvent des enfants de moins de 15 ans, soit l’âge de la responsabilité pénale en Suède. À cet âge, ils ne peuvent pas être poursuivis et relèvent des services sociaux, ce qui en fait, selon l’exécutif, des cibles recherchées par les réseaux criminels.
Lors de la même conférence de presse, Pontus Andersson Garpvall, membre de la commission de la justice au Parlement pour les Démocrates de Suède, a affirmé que des contrats de meurtre étaient publiés ouvertement sur TikTok, Instagram et Snapchat. Il a aussi indiqué que des bombardements et fusillades étaient coordonnés par des criminels via divers services numériques. Selon lui, les jeunes recrutés n’ont souvent aucun lien ni avec le donneur d’ordre, ni avec la victime, ni avec le lieu visé.
Si le texte est adopté par le Parlement, les plateformes pourraient être exposées, à partir du 15 juillet, à des amendes allant jusqu’à cinq millions de couronnes, soit environ 537.000 dollars, si elles ne retirent pas les contenus dans le délai prévu. La Suède est confrontée depuis plus d’une décennie à une hausse des crimes violents organisés, principalement liés aux guerres de gangs et au contrôle du marché de la drogue.
Le gouvernement minoritaire de droite, soutenu au Parlement par les Démocrates de Suède, a multiplié les propositions sur la criminalité et l’immigration avant les élections générales prévues le 13 septembre. Il avait déjà annoncé vouloir abaisser l’âge de la responsabilité pénale de 15 à 13 ans à compter du 1er juillet pour les crimes passibles d’au moins quatre ans de prison. Cette mesure a toutefois suscité de vives critiques dans le pays, y compris de la part d’organisations et d’autorités consultées pendant la préparation du texte, notamment la police et l’administration pénitentiaire.


