En Iran, la monnaie nationale a atteint un nouveau plus bas mercredi, dans un contexte de pressions économiques et militaires liées au blocus naval imposé par les États-Unis. À Téhéran, les autorités ont annoncé plusieurs mesures pour tenter d’en limiter les effets sur les importations et l’approvisionnement intérieur.
Selon les informations rapportées par Al Jazeera, le rial iranien a dépassé 1,81 million pour un dollar sur le marché libre en début d’après-midi avant de se reprendre partiellement. Plus tôt dans la semaine, il s’échangeait autour de 1,54 million pour un dollar, contre environ 811.000 un an auparavant. Le média précise que cette nouvelle chute intervient après une période de relative stabilité de deux mois, following une précédente baisse au moment de la montée des tensions ayant précédé la guerre américano-israélienne contre l’Iran, déclenchée à la fin février.
Les autorités iraniennes ont cette semaine affiché une ligne plus dure dans leurs discussions avec Washington et promis de faire face au blocus des eaux du sud du pays. Dans le même temps, le gouvernement a réduit certaines procédures administratives afin de permettre aux provinces frontalières d’importer plus facilement des biens essentiels. Il a également débloqué 1 milliard de dollars à partir du fonds souverain pour acheter des denrées alimentaires et a relancé en partie un taux de change subventionné afin de contenir les prix.
D’après Al Jazeera, les données douanières relayées par les médias d’État montrent un recul marqué du commerce non pétrolier iranien après les perturbations causées par la guerre et les frappes sur des infrastructures jugées critiques. L’autorité douanière iranienne évalue la valeur totale du commerce non pétrolier sur l’année iranienne close le 20 mars à près de 110 milliards de dollars, dont 58 milliards d’importations, soit une baisse d’environ 16 % sur un an. Le dernier mois de cette période aurait enregistré un volume de 6,46 milliards de dollars, en baisse d’environ 29 % par rapport au mois précédent et de près de 50 % sur un an.
Une partie de cette contraction est liée aux perturbations du transport maritime dans le détroit d’Ormuz, sur fond de rivalité entre Téhéran et Washington autour du contrôle de cette voie stratégique. Le texte source fait aussi état de frappes menées contre des ports, installations navales, aéroports, réseaux ferroviaires, ainsi que contre des producteurs d’acier et de pétrochimie, des sites pétroliers et gaziers, des centrales électriques et de grandes zones industrielles. Pour préserver l’offre sur le marché intérieur, les autorités iraniennes ont imposé des restrictions temporaires à l’exportation d’acier, de produits pétrochimiques, de polymères et d’autres substances chimiques.
Les échanges avec la Chine, principal acheteur du brut iranien, ont aussi reculé. Les chiffres de l’Administration générale des douanes chinoises font état d’un commerce bilatéral de 1,55 milliard de dollars au premier trimestre 2026, soit une baisse de 50 % sur un an. En mars, premier mois de la guerre selon le texte, ces échanges se sont établis à 184 millions de dollars, près de 80 % de moins qu’un an plus tôt. Le retrait des Émirats arabes unis comme partenaire commercial majeur a également pesé sur l’économie iranienne, poussant davantage Téhéran à se tourner vers des voisins terrestres comme la Turquie, l’Irak et le Pakistan.


