Le Front Polisario est au cœur d’une nouvelle vague de réactions diplomatiques après les attaques aux obus menées le 5 mai contre des cibles civiles à Smara, où une femme a été blessée à l’épaule et à la jambe par l’un des trois projectiles tirés sur des zones d’habitation. Si l’incident n’a pas provoqué de dégâts matériels majeurs, il a entraîné des condamnations convergentes et des appels à éviter une escalade militaire.
L’Union européenne a pris position par la voix de son ambassadeur au Maroc, Dimitar Tzanchev, qui a affirmé dans un message publié par la Mission de l’UE au Maroc que « ce n’est pas le moment de l’escalade », mais celui des négociations dans le cadre de la résolution 2797 adoptée par le Conseil de sécurité de l’ONU en 2025. Le diplomate a aussi rappelé que la proposition marocaine d’autonomie constitue, pour Bruxelles, l’une des pistes les plus crédibles en vue d’une solution durable et mutuellement acceptable à ce conflit régional.
Les États-Unis ont également fait part de leur préoccupation après un communiqué de leur mission auprès des Nations Unies, relayé par l’ambassade américaine à Alger, condamnant l’attaque et jugeant que « la situation actuelle au Sahara ne sert les intérêts de personne et ne peut pas perdurer ». Washington estime que ces violences compromettent la stabilité régionale ainsi que lesïforts de paix conduits sous l’égide de l’ONU. Dans le même mouvement rapporté à Agence Afrique, Paris a dénoncé une attaque qui, selon la France, menace aussi la stabilité régionale et fragilise lesïforts diplomatiques engagés sous l’égide des Nations Unies.
Du côté de l’ONU, l’envoyé personnel du secrétaire général pour le Sahara, Staffan de Mistura, a fait siennes les préoccupations exprimées par la MINURSO. Le porte-parole de l’ONU, Stéphane Dujarric, a indiqué que la mission insistait sur la nécessité d’éviter toute action susceptible de compromettre le processus politique en cours. De Mistura a, pour sa part, déclaré que « ces attaques démontrent l’urgence d’un retour au cessez-le-feu et de la reprise des négociations ».
Ce qui est confirmé à ce stade, ce sont ces condamnations successives de l’ONU, de l’Union européenne, des États-Unis et de la France après les tirs du 5 mai à Smara. Ce qui ressort aussi de manière constante dans leurs prises de position, c’est l’appel à la désescalade et à une relance du dialogue politique autour du dossier du Sahara, avec des références explicites au cadre onusien et, pour l’UE, à la proposition marocaine d’autonomie.


