Le trafic maritime dans le détroit d’Ormuz est de nouveau paralysé par un double blocus imposé par Washington et Téhéran. Alors que la situation s’enlise, les forces américaines et iraniennes multiplient les interceptions et les blocages sur les navires de commerce.
Selon les informations rapportées par Insider Paper, le détroit d’Ormuz traverse une nouvelle phase de turbulences avec des restrictions imposées simultanément par l’Iran et les États-Unis. Si Téhéran avait annoncé vendredi la réouverture de cette voie stratégique, les États-Unis n’ont pas appliqué la mesure pour les navires desservant les ports iraniens. En réponse, l’Iran a refermé le passage dès samedi.
Depuis dimanche, la société de suivi maritime Kpler indique que seuls quatre navires ont réussi à traverser la zone. Face à cette situation, l’armée américaine a ordonné à 27 bâtiments de faire demi-tour ou de retourner dans un port iranien. Le Président Donald Trump a par ailleurs déclaré lundi sur son réseau Truth Social que le porte-conteneurs Touska avait été saisi après avoir ignoré un ordre d’arrêt. D’autres bâtiments sous sanctions, comme le vraquier Artman ou le pétrolier Raine, ont été redirigés vers le port de Chabahar ou contraints de rebrousser chemin avant d’atteindre la haute mer.
Du côté iranien, les actions maritimes se durcissent également. Deux navires battant pavillon indien ont été la cible de tirs dans le détroit, poussant New Delhi à convoquer l’ambassadeur d’Iran samedi. Parallèlement, le porte-conteneurs français CMA CGM Everglade a été endommagé par un projectile non identifié, d’après l’organisme britannique UKMTO.
La fermeture du détroit a des répercussions immédiates sur la circulation internationale. Les données compilées par Bloomberg révèlent que plus de 750 navires commerciaux, dont environ 350 pétroliers et méthaniers, émettent actuellement des signaux de positionnement en étant coincés à l’intérieur du Golfe.


