Dans un contexte mondial marqué par de profondes recompositions géopolitiques, le Sénégal s’apprête à accueillir ce lundi une nouvelle édition du Forum international de Dakar sur la paix et la sécurité en Afrique. À la veille de cet événement majeur, le ministre de l’Intégration africaine, des Affaires étrangères et des Sénégalais de l’Extérieur, Cheikh Niang, est revenu sur les enjeux et les attentes de ce rendez-vous continental.
Un forum arrivé à maturité
Lancé en 2013 à l’initiative de chefs d’État africains en partenariat avec la France, le Forum de Dakar s’est progressivement imposé comme un cadre de réflexion stratégique sur les défis sécuritaires du continent.
Pour cette dixième édition, prévue prévu du lundi au mardi prochains, au Centre international de conférences Abdou Diouf, les organisateurs entendent franchir un cap..
« Nous sommes dans une phase de maturité. Il s’agit désormais de tirer les leçons des éditions précédentes pour proposer des solutions nouvelles et efficaces », a souligné le ministre.
Le thème retenu cette année, « L’Afrique face aux défis de stabilité, de souveraineté et d’intégration : quelles solutions durables ? », traduit cette volonté d’ancrer les débats dans une perspective plus stratégique.
Des thématiques au cœur des enjeux contemporains
Six grands ateliers structureront les discussions, avec des axes majeurs :
la souveraineté numérique et technologique
la gouvernance des ressources naturelles
les transitions politiques
l’industrie de défense
l’expansion du terrorisme du Sahel vers les zones côtières
le renforcement des dispositifs de sécurité en Afrique
Au cœur de ces réflexions, une interrogation centrale : comment renforcer la souveraineté africaine face aux défis multidimensionnels ?
L’intégration africaine comme levier stratégique
Le forum ambitionne également de contribuer à la consolidation de l’intégration régionale, notamment à travers des instruments comme la Zone de libre-échange continentale africaine.
« L’objectif est de permettre à l’Afrique de mieux défendre ses intérêts, de réduire sa dépendance et de peser davantage sur l’échiquier mondial », a indiqué le ministre de l’Intégration africaine, des Affaires étrangères et des Sénégalais de l’extérieur.
Sans préjuger des conclusions, Cheikh Niang insiste sur la nécessité de faire émerger des solutions concrètes, portées par les Africains eux-mêmes, avec l’implication des États, des experts, des universitaires et de la société civile.
Une Afrique face à la “polycrise” mondiale
Le forum se tient dans un contexte international instable, marqué par une succession de crises : pandémie de COVID-19, perturbations des chaînes d’approvisionnement, tensions géopolitiques et conflits armés.
Pour le Sénégal, le message est clair : l’Afrique doit renforcer sa souveraineté et sa résilience face à ces chocs externes.
« Le monde entre dans une phase d’instabilité durable. L’Afrique doit s’y préparer en consolidant ses propres capacités », a averti le ministre.
Une participation de haut niveau attendue
Le forum réunira plusieurs centaines d’experts et de décideurs venus d’Afrique et d’ailleurs. Un panel présidentiel de haut niveau est également prévu, avec notamment la participation de :
Faure Gnassingbé, Julius Maada Bio
Ces échanges devraient permettre d’alimenter les réflexions stratégiques et de formuler des recommandations opérationnelles.
Prévu les 20 et 21 avril à Dakar, le Forum sur la paix et la sécurité s’annonce comme un moment clé pour repenser les réponses africaines aux défis contemporains.
Au-delà des discours, l’enjeu sera désormais de traduire les recommandations en actions concrètes, dans un monde où les équilibres ne cessent d’évoluer.


