L’ambassadeur des États-Unis à Ankara, Tom Barrack, a souligné le rôle incontournable de la Türkiye dans l’instauration du cessez-le-feu à Gaza. S’exprimant lors d’un forum à Manama, au Bahreïn, l’envoyé spécial américain pour la Syrie a révélé que le président Donald Trump avait personnellement remercié son homologue turc, Recep Tayyip Erdogan, à plusieurs reprises pour son implication.
Selon des propos rapportés par l’agence Anadolu, Tom Barrack a été catégorique lors de son intervention à l’Institut international d’études stratégiques. « Sans la Türkiye, il n’y aurait pas eu de cessez-le-feu à Gaza », a-t-il affirmé, précisant que « le président Trump a remercié le président Erdogan à quatre reprises ». L’ambassadeur a mis en avant l’approche de la Türkiye, notamment ses relations avec le Hamas et le fait de ne pas le considérer comme une organisation terroriste, comme un facteur décisif ayant permis de mener les négociations à leur terme.
Abordant les relations régionales, l’émissaire américain a exprimé sa conviction qu’un conflit armé entre la Türkiye et Israël était improbable. « La Türkiye et Israël ne se feront pas la guerre. Je pense que cela n’arrivera pas et vous verrez une coopération allant de la mer Caspienne à la Méditerranée », a-t-il projeté. Ces déclarations s’inscrivent dans un contexte où Washington a déjà qualifié sa relation avec Ankara de « cruciale pour la paix mondiale ». Tom Barrack a également porté un regard critique sur l’histoire de l’intervention occidentale dans la région, estimant que « depuis la chute de l’Empire ottoman, tout ce que l’Occident a entrepris a été une erreur ».
L’ambassadeur a par ailleurs évoqué la situation en Syrie, indiquant que des progrès étaient en cours dans les discussions avec les Forces Démocratiques Syriennes (FDS), désignées par l’acronyme SDG. « Nous sommes très proches de trouver un terrain d’entente avec les SDG », a-t-il fait savoir. Ce rôle de facilitateur de la Türkiye dans les conflits régionaux n’est pas nouveau, Ankara s’étant déjà positionné pour jouer un rôle de médiateur dans d’autres crises, comme en témoigne sa proposition d’accueillir des pourparlers de paix concernant le conflit en Ukraine.

