La montée des tensions sociales place aujourd’hui un dossier particulièrement sensible sur la table du président de la République, Bassirou Diomaye Faye. Avec l’expiration du préavis de grève du Front syndical pour la défense des travailleurs (Fdts) sans avancées concrètes, les centrales syndicales annoncent un durcissement de leur position, allant jusqu’à brandir la perspective d’une grève générale nationale dans les prochains jours.
Réunis en conférence de presse, les principaux responsables du Front syndical, dont Mody Guiro, Cheikh Diop, Elimane Diouf et Marie Yvette Keïta, ont acté la fin de toute phase d’attente. Ils dénoncent un « mutisme persistant » du gouvernement ainsi que le non-respect d’engagements issus de précédentes négociations. Dans ce contexte, le dossier social s’impose comme l’un des plus complexes actuellement sur la table du président Bassirou Diomaye Faye, appelé à gérer une situation susceptible de se détériorer rapidement.
Le Front syndical annonce ainsi un plan d’action progressif. À court terme, plusieurs formes de mobilisation sont envisagées, avec en ligne de mire une grève générale. Selon Marie Yvette Keïta, porte-parole du jour, cette décision découle du constat que « le délai légal du préavis de grève est arrivé à échéance » sans que les engagements majeurs du gouvernement ne soient exécutés. Elle souligne également une dégradation continue des conditions de vie et de travail des salariés.
Parmi les griefs évoqués figurent la précarité croissante, la faiblesse des salaires, les violations des droits syndicaux, ainsi que les licenciements jugés abusifs. Les syndicats pointent également des retards de paiement de salaires et une pression fiscale considérée comme excessive sur les revenus des travailleurs. À cela s’ajoute la question de la dette intérieure, accusée d’entraîner des suppressions d’emplois dans plusieurs secteurs.
Ce faisceau de revendications alourdit davantage un dossier déjà complexe sur la table du président Bassirou Diomaye Faye. D’autant que la situation intervient peu de temps après des négociations avec d’autres organisations syndicales, notamment le G7, qui avaient abouti à la signature d’un protocole d’accord. Le contraste entre ces avancées et la crispation actuelle avec le Fdts met en évidence la fragilité du climat social.
Un autre point de tension concerne les réformes engagées par le gouvernement, notamment les projets de lois relatifs au Code du travail et au Code de la sécurité sociale, adoptés en Conseil des ministres le 15 avril 2026. Le Front syndical exprime des réserves et met en garde contre toute modification unilatérale sans concertation préalable. Les responsables syndicaux évoquent une violation des engagements pris lors d’échanges avec la Primature, notamment lors de la rencontre du 2 avril.
Au cœur des revendications figure également le pacte social signé avec l’État, censé instaurer un climat apaisé sur une période de trois ans. Si des discussions ont été engagées, les syndicats estiment que leur mise en œuvre reste incomplète. Mody Guiro a notamment exprimé des réserves sur le respect intégral des accords, évoquant des avancées jugées insuffisantes.
Les questions liées à l’emploi occupent une place centrale dans les préoccupations. Les syndicats dénoncent des licenciements qu’ils considèrent comme injustifiés et regrettent des tentatives de médiation qu’ils jugent insuffisantes. Par ailleurs, le système de rémunération dans la fonction publique est pointé du doigt, décrit comme inéquitable et opaque, avec des disparités entre agents occupant des fonctions similaires. Les indemnités, notamment celles liées au logement, cristallisent également les tensions.
Dans ce contexte, la gestion de ce dossier apparaît comme un test pour l’exécutif. Sur la table du président Bassirou Diomaye Faye, la question sociale s’impose désormais comme une priorité, avec des enjeux à la fois économiques, politiques et sociaux. La capacité du gouvernement à renouer le dialogue avec le Front syndical pour la défense des travailleurs pourrait déterminer l’évolution de la situation dans les jours à venir.


