Alors que le conflit au Soudan entre dans sa troisième année, les conditions de survie des nouveau-nés se détériorent face à l’effondrement du système de santé. L’organisation Save the Children a publié un rapport détaillé sur la situation des mères et des enfants dans ce pays ravagé par les affrontements.
Selon les informations relayées par Al Jazeera ce mardi, le Soudan a enregistré 5,6 millions de naissances depuis le déclenchement des hostilités en avril 2023. Ces données officielles indiquent une moyenne de 5 000 nouveau-nés par jour, soit au moins trois bébés mis au monde chaque minute. Ces naissances interviennent dans un contexte où des millions de personnes survivent avec un seul repas quotidien.
Mohamed Abdiladif, directeur national de Save the Children au Soudan, souligne que les nourrissons voient le jour dans des abris surpeuplés, des établissements de santé sous-équipés ou endommagés, ou lors des déplacements de leurs familles. Il rappelle que les enfants conservent un droit fondamental aux soins et à la protection, indépendamment du conflit en cours.
La destruction des infrastructures pèse lourdement sur la santé publique. Notre rédaction a pris connaissance des statistiques documentant une augmentation de plus de 12 % de la mortalité maternelle lors des accouchements, passant de 263 décès pour 100 000 naissances vivantes en 2022 à 295 en 2025. Près de 80 % des structures médicales situées dans les zones de combat sont hors service, confrontées à des pénuries de fournitures, de médicaments, de personnel et de carburant.
L’Organisation mondiale de la santé a vérifié environ 200 attaques contre des établissements sanitaires depuis le début de la guerre, causant la mort de plus de 2 000 personnes. En mars dernier, une attaque au drone sur l’hôpital universitaire d’Al-Daein, au Darfour oriental, a tué au moins 64 individus, dont 13 enfants et plusieurs professionnels de la santé, rendant le bâtiment totalement inopérant. Mohamed Abdiladif a appelé l’ensemble des parties à protéger les civils et à garantir l’accès de l’aide aux familles.
Pour rappel, la guerre oppose depuis le 15 avril 2023 l’armée soudanaise, dirigée par Abdel Fattah al-Burhan, aux Forces de soutien rapide (FSR) commandées par Mohamed Hamdan Dagalo dit « Hemedti ». Les combats ont fait des dizaines de milliers de morts et provoqué le déplacement de 12 millions de personnes, engendrant la plus grave crise humanitaire au monde selon les Nations Unies. Les deux camps font l’objet d’accusations de crimes de guerre, les experts de l’ONU pointant notamment des atrocités assimilables à un génocide imputées aux FSR dans la région du Darfour.


