Au sommet de l’exécutif sénégalais, l’équilibre pourrait être modifié si le texte aboutit. Un avant-projet de révision constitutionnelle, rendu public le 27 avril, renforcerait en effet la position du Premier ministre dans le fonctionnement des institutions.
Le document prévoit d’abord que le président de la République définirait la politique de la nation « en concertation » avec son Premier ministre. En clair, cela introduirait formellement un partage plus visible dans la conduite de l’action publique. Autre changement annoncé : le chef du gouvernement disposerait d’un droit propre de saisine de la future Cour constitutionnelle, c’est-à-dire la possibilité de la saisir sans dépendre de la décision du président.
Dans son analyse, Jeune Afrique explique que cette révision profiterait surtout à Ousmane Sonko. Le même texte indiquerait aussi que Bassirou Diomaye Faye ne pourrait ni diriger un parti ni mener campagne, alors que Sonko garderait la possibilité de rester à la tête de Pastef. Sur le plan politique, cette différence pèserait dans le rapport de forces entre les deux hommes.
Mais l’avantage ne serait pas absolu. Un point central resterait inchangé : l’article 49. Cela signifie que le président conserverait la faculté de mettre fin aux fonctions du Premier ministre. Autrement dit, même avec des prérogatives élargies, le chef du gouvernement demeurerait exposé à une décision de révocation prise par le chef de l’État.
Le texte source ne précise pas la suite du calendrier de cette réforme. À ce stade, l’enjeu principal tient donc à la redistribution institutionnelle envisagée : davantage de leviers pour le Premier ministre, tout en maintenant un pouvoir décisif entre les mains du président.


