Le Pape Léo XIV a effectué un déplacement ce jeudi à Bamenda, dans l’ouest du Cameroun, épicentre d’un conflit séparatiste qui dure depuis près d’une décennie. Lors de cette étape de sa tournée africaine, le souverain pontife a délivré un message de paix tout en dénonçant fermement l’exploitation des guerres et de la religion.
Selon les informations rapportées par Al Jazeera, le chef de l’Église catholique a présidé une rencontre interreligieuse réunissant un chef traditionnel Mankon, un modérateur presbytérien, un imam et une religieuse catholique. L’objectif de ce rassemblement était de soutenir le mouvement interconfessionnel qui milite pour la fin de la crise et l’assistance aux victimes.
Dans son discours prononcé à la cathédrale Saint-Joseph, le Pape a fustigé une « poignée de tyrans » qui ravagent la planète par la guerre et l’exploitation des ressources. Il a expressément mis en garde contre l’utilisation du nom de Dieu à des fins militaires, économiques ou politiques. Al Jazeera précise que ces propos font écho à la guerre israélo-américaine en Iran et aux justifications religieuses avancées par certains responsables américains. Ces déclarations interviennent également quelques jours après une nouvelle série d’attaques du président américain Donald Trump contre le souverain pontife sur les réseaux sociaux.
En prélude à cette visite, les combattants séparatistes locaux ont acté un repli tactique. Lucas Asu, porte-parole de la Unity Alliance, a annoncé une pause de trois jours dans les hostilités afin de garantir un passage sécurisé au Pape. Cette décision a été présentée par le mouvement comme un « engagement délibéré envers la responsabilité, la retenue et le respect de la dignité humaine ».
Le conflit dans les régions anglophones du Cameroun, enclenché en 2017 avec pour objectif la création d’un État indépendant, s’enracine dans les clivages hérités de la période coloniale. D’après l’International Crisis Group, cette guerre civile a déjà fait plus de 6 000 morts et entraîné le déplacement de plus de 600 000 personnes.
Alors que les pourparlers de paix sous médiation internationale restent bloqués, le Pape a pointé du doigt la responsabilité de l’extraction prédatrice des ressources du pays, incluant le pétrole, le gaz, le cobalt ou l’or. Il a fermement condamné les acteurs qui pillent ces richesses pour réinvestir les profits dans l’armement, alimentant ainsi un cycle ininterrompu de déstabilisation régionale.


