La section communale du PASTEF à Tassette a tenu un point de presse ce week-end pour faire le bilan de la gestion municipale. Face aux journalistes, ses responsables ont vivement critiqué l’action du maire Mamadou Thiaw. Ils ont qualifié cette gestion « d’opaque, clientéliste et préjudiciable aux intérêts de la collectivité ».
Le coordonnateur communal du parti, Tidiane Diop, a pris la parole pour détailler les griefs. Il a demandé l’ouverture d’un audit financier et foncier de la mairie. Selon lui, plusieurs projets financés dans le cadre du Programme National de Développement Local (PNDL) posent problème.
Il a cité des conventions signées entre le conseil municipal et le PNDL. Ces conventions portaient sur des montants importants. « Il s’agit de 50 millions de francs CFA pour la réalisation d’une brigade de gendarmerie à Tassette Peul, 50 millions pour l’extension électrique à Tassette et 15 millions pour une unité de purification et de vente d’eau en sachet », a-t-il déclaré. Il affirme ne pas constater de réalisations concrètes sur le terrain malgré ces financements.
Sur la question des infrastructures routières, Tidiane Diop a également exprimé des doutes. Il a indiqué que le maire affirme avoir réalisé deux pistes rurales, notamment les axes Tassette-Guélor et Tassette-Sipane, sur une distance totale de 20 kilomètres. Mais selon lui, une partie importante de ces travaux avait déjà été effectuée par une entreprise privée. « Les 15 kilomètres étaient déjà réalisés par l’entreprise Touba Fruit », a-t-il soutenu.
Le coordonnateur de PASTEF a demandé un audit de ces marchés pour connaître les montants réellement engagés. Il a aussi signalé que l’axe Tassette-Guélor reste difficilement praticable en période d’hivernage. « Cette route nécessite la construction d’un pont », a-t-il précisé.
Au-delà des infrastructures, des interrogations ont été soulevées sur la gestion foncière. Tidiane Diop a évoqué « beaucoup de zones d’ombre » dans l’attribution des terres. Il s’est également interrogé sur la transparence dans le paiement des frais de bornage. Pour lui, ces questions doivent être éclaircies par des organes de contrôle.
Il a aussi pointé l’absence répétée du maire lors des réunions du conseil municipal. Selon lui, cette situation pourrait être interprétée comme une démission de fait, conformément au code des collectivités territoriales. « Face à cette situation, nous exigeons un audit immédiat de la gestion financière et foncière de la mairie de Tassette », a-t-il déclaré. Il a cité notamment la Cour des comptes et l’OFNAC comme structures compétentes.
Malgré ces accusations, les tentatives de joindre le maire Mamadou Thiaw sont restées sans réponse. Aucune réaction officielle n’a été obtenue au moment de la publication.
Sur le plan politique, la section communale de PASTEF a également évoqué la situation au sein de la coalition Diomaye-Président. Mbaye Ndiaye a contesté des propos attribués au maire. Selon lui, Mamadou Thiaw aurait déclaré vouloir réélire le président Bassirou Diomaye Faye en 2029.
Le responsable des jeunes patriotes estime que cette position manque de cohérence. Il affirme que le maire avait soutenu Amadou Ba lors de la dernière élection présidentielle. « Ce choix s’était traduit par une défaite avec plus de 69 % des suffrages en faveur de PASTEF », a-t-il indiqué. Il ajoute que lors des élections législatives, le maire aurait finalement soutenu la liste PASTEF, « pour éviter une seconde humiliation ».
Mbaye Ndiaye considère que le maire est aujourd’hui en difficulté politique. Il affirme que son maintien dépend de circonstances fragiles. Il a également rappelé que Mamadou Thiaw avait été nommé secrétaire exécutif du PNDL par Macky Sall pendant huit ans. Il déplore qu’il n’ait jamais défendu publiquement le bilan de ce dernier.
Dans ses propos, le responsable des jeunes de PASTEF a insisté sur la position du parti. « Le PASTEF ne s’affichera jamais avec le maire », a-t-il déclaré. Il estime que ce dernier ne peut rien apporter à la formation politique. Il a aussi affirmé que la jeunesse du parti reste mobilisée derrière Ousmane Sonko, avec l’objectif de le porter au pouvoir en 2029.
De son côté, Cheikh Sène a appelé à l’unité au sein du parti. Il a indiqué que les responsables locaux forment « un bloc de résistance » autour du coordonnateur communal. Selon lui, cette mobilisation vise à faire face aux critiques contre le projet politique du parti.
Il a également évoqué des tensions internes. « Le tandem Sonko-Diomaye avait suscité beaucoup d’espoir, mais une fissure interne est intervenue », a-t-il déclaré. Il estime toutefois que cette situation permet d’identifier les engagements sincères et les positions opportunistes.


