L’ancien Premier ministre français, Dominique de Villepin, a livré ce mercredi sur le réseau social X une analyse alarmée de la situation sécuritaire et politique au Mali, estimant que la crise dépasse largement le seul cas de Bamako, non sans souligner que « la paix ne se décrète pas, elle se bâtit ».
Dans une prise de position, il met en garde contre les impasses politiques et militaires actuelles. « Le drame qui se joue aujourd’hui au Mali doit nous alerter bien au-delà de la situation inquiétante de Bamako, sous blocus des forces islamistes. »
L’ancien chef du gouvernement français insiste sur une lecture institutionnelle de la crise, rejetant toute solution fondée sur les ruptures brutales du pouvoir. « On ne reconstruit pas un État par le putsch, ni la paix par les mercenaires. » Il estime qu’un État qui ne parvient plus à protéger son territoire et sa population voit sa légitimité profondément fragilisée.
Évoquant la situation humanitaire et sécuritaire, il adresse d’abord un message de solidarité : « Face aux attaques djihadistes, notre première pensée va au peuple malien, aux victimes, aux familles, à tous ceux qui vivent dans la peur et l’incertitude. »
Mais Dominique de Villepin élargit surtout son propos à l’ensemble du Sahel, qu’il décrit comme engagé dans une crise systémique : effondrement institutionnel, fragmentation sécuritaire et influences extérieures concurrentes.
Selon lui, la seule réponse militaire est insuffisante sans reconstruction de l’État : « La lutte contre le terrorisme est indispensable. Elle ne suffira pas sans État légitime, sans administration respectée, sans justice, sans école, sans horizon pour la jeunesse. »
S’adressant implicitement à la France et à sa diplomatie, il appelle à une ligne équilibrée, loin des postures passées : « La France ne doit céder ni à l’arrogance d’hier, ni à l’indifférence d’aujourd’hui. » Il plaide pour un soutien à une initiative africaine globale de stabilisation et de reconstruction, fondée sur la souveraineté et la coopération.
« Au Mali comme ailleurs, la paix ne se décrète pas. Elle se bâtit par la légitimité, par la durée, et par le courage politique », a-t-il ajouté.


