5 à 10 ans de prison : c’est l’échelle de peines désormais prévue au Sénégal pour les relations homosexuelles consenties après le vote de la loi par l’Assemblée nationale. Dans ce contexte, le Premier ministre Ousmane Sonko a repris la parole sur ce dossier en réaffirmant qu’aucune exception ne serait tolérée dans l’application des textes.
Le chef du gouvernement a soutenu qu’une loi, une fois adoptée, doit s’appliquer de manière identique à tous. Il a déclaré qu’il ne s’agira pas de protéger les « gros poissons », qu’il présente comme les principaux responsables, en ajoutant que la loi reste impersonnelle et qu’elle doit être appliquée dans toute sa rigueur. Une partie de ces propos a été rapportée par Kawtef, qui évoque aussi son refus de tout arrêt du processus législatif.
Ousmane Sonko a également relié la situation actuelle à l’inaction des anciens régimes. Selon lui, le phénomène existait déjà auparavant, mais l’absence de réponse aurait permis son aggravation. Cette ligne a déjà été défendue au sein de l’exécutif : Amadou Ba avait lui aussi affirmé que l’ancien régime protégeait les homosexuels, tandis que le pouvoir en place renforçait la loi.
Sur le terrain politique et diplomatique, le dossier a déjà produit ses premières conséquences. Le Premier ministre affirme que les critiques contre cette loi viennent surtout de partenaires occidentaux, en particulier de la France, et il dit que le Sénégal n’a « aucune leçon à recevoir ». Dans le même sillage, le Haut-commissaire de l’ONU aux droits de l’homme avait dénoncé une violation des droits humains, tandis que le député Ismaila Diallo avait opposé l’argument de la souveraineté du Sénégal.
Le sujet reste donc au croisement de la politique intérieure et des rapports avec les partenaires extérieurs. Ousmane Sonko a en outre écarté l’idée d’un moratoire, y compris face aux prises de position d’intellectuels africains. Quelques jours plus tôt, il avait déjà mis en garde contre ce qu’il considère comme une banalisation de l’homosexualité, en estimant que le Sénégal devait se préparer aussi sur le plan économique face aux pressions qu’un tel choix pourrait entraîner.


