Alors qu’un cessez-le-feu de quatorze jours entre les États-Unis, Israël et l’Iran s’approche de son terme, les discussions autour d’un éventuel nouvel accord nucléaire se précisent. L’administration américaine impose de nouvelles conditions à Téhéran, cherchant à obtenir un texte différent du Plan d’action global commun (JCPOA) de 2015, dont les États-Unis s’étaient retirés en 2018.
Selon les informations rapportées par Al Jazeera, Washington et ses alliés israéliens exigent désormais que l’Iran accepte un niveau d’enrichissement d’uranium équivalent à zéro. Les négociateurs demandent également le retrait total des 440 kilogrammes d’uranium enrichi à 60 % actuellement stockés par la République islamique. Bien que ce taux soit inférieur au seuil de 90 % requis pour la fabrication d’armements nucléaires, l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) indique que cette pureté raccourcit considérablement le délai nécessaire pour atteindre la qualité militaire.
Les revendications américano-israéliennes s’étendent au-delà du volet purement nucléaire. Les exigences incluent l’arrêt du programme de missiles balistiques iranien, capable selon Washington de saturer les systèmes de défense, ainsi que la fin du soutien de Téhéran aux groupes armés de la région, parmi lesquels le Hezbollah au Liban et les Houthis au Yémen.
Face à ces conditions, la position iranienne reste ferme. Le président Masoud Pezeshkian a déclaré que Donald Trump n’avait aucun droit de priver l’Iran de ses prérogatives nucléaires civiles, garanties par le Traité sur la non-prolifération (TNP). Téhéran refuse par ailleurs d’intégrer à ces pourparlers la question de ses capacités balistiques ou de ses alliances régionales.
Malgré ces divergences, des experts estiment qu’un terrain d’entente reste possible lors d’un éventuel second cycle de discussions pressenti à Islamabad, au Pakistan. Andreas Krieg, professeur associé au King’s College de Londres, indique que Donald Trump pourrait finalement s’accorder sur un texte intégrant des restrictions sur l’enrichissement et une supervision internationale stricte. En contrepartie, l’Iran, dont les leviers de négociation sont désormais supervisés par le Corps des gardiens de la révolution islamique, réclamerait un accès immédiat à ses avoirs gelés et une levée rapide des sanctions économiques, sans repasser par le processus graduel prévu par le JCPOA de 2015.


