Intervenant au Forum international de Dakar sur la paix et la sécurité, le président mauritanien Mohamed Cheikh El Ghazouani a livré une lecture approfondie des enjeux de stabilité en Afrique, en réponse à une question sur le souverainisme. Devant les participants réunis au CICAD de Diamniadio, il a insisté sur la complexité des facteurs qui fragilisent les États.
Pour le chef de l’État mauritanien, la stabilité repose avant tout sur la capacité d’un pays à préserver son fonctionnement face aux chocs multiples. « La stabilité réside dans la capacité d’un État de conserver sa cohésion, son équilibre et son fonctionnement normal en dépit des perturbations », a-t-il expliqué.
Dans son analyse, Mohamed Cheikh El Ghazouani distingue deux grandes catégories de facteurs de déstabilisation : les causes internes et les causes externes. Les premières, qu’il qualifie d’endogènes, relèvent principalement des insuffisances de gouvernance. « Les déficits de bonne gouvernance sèment et entretiennent les principaux germes d’instabilité », a-t-il affirmé, citant notamment les tensions sociales, la pauvreté, le chômage ou encore le manque de perspectives.
À ces fragilités internes s’ajoutent des facteurs exogènes, souvent liés à des dynamiques globales. Le président mauritanien évoque ainsi « les effets des changements climatiques », les crises économiques internationales ou encore les menaces sécuritaires transnationales comme l’extrémisme et la criminalité organisée.
Il insiste surtout sur l’interaction entre ces différents éléments. « Ces facteurs ne fonctionnent pas séparément. Ils se combinent et se renforcent », a-t-il souligné, mettant en garde contre leur effet cumulatif sur la stabilité des États et des régions.
S’agissant des solutions, Mohamed Cheikh El Ghazouani plaide pour une approche globale, centrée sur la consolidation des institutions et du vivre-ensemble. Il appelle à privilégier le dialogue et à renforcer l’État de droit. « Aucun progrès durable n’est possible sans la construction de l’État de droit », a-t-il insisté, tout en soulignant de « solidifier les démocraties ».
Le président mauritanien met également en avant l’importance d’un développement inclusif comme condition de stabilité. « Aucun progrès durable n’est possible sans un développement inclusif qui profite à tous », a-t-il martelé.
Elargissant son propos à l’échelle continentale, il a insisté sur la nécessité de renforcer l’intégration africaine, notamment à travers les infrastructures et la connectivité, qu’il considère comme des leviers essentiels pour consolider la résilience du continent face aux crises.


