Au Mali, l’inquiétude grandit autour de plusieurs disparitions signalées depuis près de trois semaines. L’avocat et homme politique Maître Mountaga Tall est introuvable, et d’autres défenseurs de la démocratie ainsi que des proches d’opposants en exil auraient aussi été enlevés par des hommes armés et cagoulés. Ces personnes seraient retenues dans des lieux non connus, sans cadre judiciaire identifié.
Le dossier a pris une dimension plus large avec la disparition du fils de Mountaga Tall, mais aussi de militaires et de responsables d’écoles coraniques. Aucune communication officielle n’a été faite sur leur situation. Dans ce contexte, la justice militaire avait annoncé le 1er mai qu’une enquête visait des personnalités soupçonnées de complicité dans les attaques du 25 avril, menées par les jihadistes du Jnim et les rebelles du FLA, a rapporté RFI Afrique. Les familles demandent donc, si des faits sont reprochés à leurs proches, que les dossiers soient transmis à la justice, c’est-à-dire à une procédure légale avec contrôle d’un juge.
Le débat porte désormais sur les limites de la lutte antiterroriste. Pour des soutiens des autorités de transition, des moyens exceptionnels peuvent être utilisés au nom de la sécurité de l’État. À l’inverse, des juristes rappellent que même en matière sécuritaire, certains droits restent protégés, comme la présomption d’innocence, le droit à un avocat et le droit d’être présenté à un juge. Le collectif des avocats constitué par la famille de Maître Mountaga Tall a d’ailleurs indiqué, dans un communiqué diffusé mardi, sa « vive consternation » après la disparition le 16 mai de Cheikh Mamadou Tall, et a demandé aux autorités administratives et judiciaires compétentes d’agir pour que le père et le fils retrouvent leur liberté et que les circonstances de leur disparition soient éclaircies.


