L’Espagne, la Slovénie et l’Irlande ont officiellement demandé à l’Union européenne d’examiner la suspension de son accord d’association avec Israël. Cette requête a été placée ce mardi à l’ordre du jour lors d’une réunion des ministres européens des Affaires étrangères à Luxembourg.
Dans une lettre commune adressée la semaine dernière à Kaja Kallas, responsable de la politique étrangère de l’UE, les trois gouvernements accusent Israël de violer les droits de l’homme et le droit international humanitaire, enfreignant ainsi l’accord de 1995 qui régit les relations politiques et commerciales entre le bloc européen et l’État hébreu.
Selon les informations rapportées par Al Jazeera, les signataires ont notamment mis en avant un projet de loi israélien visant à imposer la peine de mort par pendaison aux Palestiniens jugés par des tribunaux militaires. Les ministres ont également dénoncé les conditions intolérables dans la bande de Gaza, le non-respect des accords de cessez-le-feu et l’intensification des violences en Cisjordanie occupée, où les opérations militaires s’accompagnent d’actes perpétrés par des colons en toute impunité.
Face à l’ampleur de la destruction, Kaja Kallas a précisé lors d’une conférence des donateurs à Bruxelles que le coût estimé pour la reconstruction de la bande de Gaza s’élève désormais à 71 milliards de dollars. Les trois pays estiment que l’Union européenne ne peut plus se contenter d’observer la situation sans agir.
Cette démarche s’inscrit dans la continuité des actions diplomatiques et commerciales de ces États européens, qui ont tous reconnu l’État de Palestine en mai 2024. L’Espagne et la Slovénie ont déjà instauré des interdictions sur l’importation de biens issus des colonies israéliennes, la mesure espagnole étant entrée en vigueur au début de l’année 2026. De son côté, l’Irlande tente de relancer son projet de loi de 2018 visant des restrictions similaires sur les échanges commerciaux liés aux territoires occupés.



