Le Pakistan finalise les préparatifs pour accueillir une deuxième session de négociations entre les États-Unis et l’Iran, alors que le cessez-le-feu en vigueur arrive à expiration ce mercredi. Cette tentative de médiation se déroule dans un climat de forte tension, marqué par de nouveaux incidents militaires dans le golfe d’Oman et des menaces directes émises par l’administration américaine.
L’incertitude plane sur la participation de la délégation iranienne à ces pourparlers d’Islamabad. Selon les informations rapportées par Al Jazeera, un mémorandum d’entente est sur la table pour prolonger la trêve d’une durée pouvant atteindre 60 jours. Cependant, les récentes déclarations de Donald Trump fragilisent ce processus. Sur son réseau Truth Social, le président américain a lancé un ultimatum à Téhéran. Affirmant proposer un accord juste, il a prévenu qu’en cas de refus, les États-Unis détruiraient chaque centrale électrique et chaque pont en Iran, concluant son message par la formule « Plus de M. Gentil ».
Cette rhétorique s’accompagne d’actions sur le terrain. Lundi matin, l’US Navy, via le destroyer lance-missiles USS Spruance, a intercepté le Touska, un cargo sous pavillon iranien long de 274 mètres. Face au refus de l’équipage de s’arrêter, les forces américaines ont tiré dans la salle des machines du navire. Les Marines ont ensuite pris le contrôle du bâtiment, justifiant cette opération par des sanctions du Trésor américain. Téhéran a immédiatement dénoncé cet acte, le qualifiant de piraterie, tandis que le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaeil Baghaei, a assimilé le blocus naval américain à un crime de guerre. Ces affrontements s’inscrivent dans une escalade militaire continue dans la région du Golfe.
À Islamabad, les autorités pakistanaises déploient un dispositif de sécurité maximal autour de la « Zone Rouge » abritant les ambassades et les institutions gouvernementales. Les clients des hôtels Marriott et Serena ont été priés d’évacuer les lieux dimanche après-midi. Pour tenter de maintenir le dialogue, le Premier ministre pakistanais, Shehbaz Sharif, a entretenu un échange téléphonique de 45 minutes avec le président iranien Masoud Pezeshkian, après de récentes consultations diplomatiques avec l’Arabie saoudite, le Qatar et la Turquie.
Côté américain, des incertitudes subsistent sur la composition finale de la délégation attendue au Pakistan. Si la Maison-Blanche a initialement confirmé la présence du vice-président JD Vance aux côtés de l’envoyé spécial Steve Witkoff et de Jared Kushner, des considérations sécuritaires pourraient modifier leur calendrier d’arrivée. De son côté, l’agence de presse officielle iranienne IRNA a balayé les perspectives d’avancées rapides, dénonçant les exigences de Washington et qualifiant les annonces américaines de jeu médiatique. La première session de discussions, tenue le 11 avril, s’était achevée sans accord après 21 heures de face-à-face, butant notamment sur le programme nucléaire iranien et le contrôle du détroit d’Ormuz.


