Alors que le président Donald Trump multiplie les avertissements contre Téhéran, des tractations diplomatiques de la dernière chance se déroulent en coulisses à Islamabad. Pour tenter de mettre fin à plus de cinq semaines de conflit, Washington a confié la conduite des négociations à une figure inattendue de l’exécutif, dont le profil trouve un écho favorable auprès des autorités iraniennes.
Lundi, depuis la Maison-Blanche, le président Donald Trump a publiquement confirmé l’existence d’un canal de discussion actif avec l’Iran. Interrogé sur la possibilité d’un cessez-le-feu, il a révélé l’implication directe de son vice-président, JD Vance, et du secrétaire d’État Marco Rubio dans ces efforts diplomatiques. Selon les informations rapportées par le média Al Jazeera, JD Vance s’est imposé comme l’acteur central de cette médiation facilitée par le Pakistan, tranchant avec sa distance initiale vis-à-vis des opérations militaires.
La diplomatie pakistanaise s’active depuis fin mars pour éviter une escalade dévastatrice. Le chef de l’armée pakistanaise, le maréchal Asim Munir, a récemment échangé avec JD Vance, l’envoyé spécial Steve Witkoff et le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi. Les discussions portent sur une proposition d’arrêt des hostilités en deux étapes, débutant par des mesures de confiance. Ce processus intervient dans un climat d’extrême tension, marqué par la fermeture du détroit d’Ormuz par l’Iran, poussant Washington à brandir la menace de frappes imminentes sur les installations énergétiques iraniennes.
L’acceptation de JD Vance par Téhéran repose sur un historique récent. Avant le déclenchement de la guerre, des négociations indirectes à Genève étaient menées par Jared Kushner et Steve Witkoff. L’Iran considère que ces pourparlers n’étaient qu’une manœuvre dilatoire de Washington pour préparer ses positions militaires, une séquence qui a abouti aux frappes américaines et israéliennes, ainsi qu’à l’assassinat du Guide suprême Ali Khamenei. N’ayant pas participé à ces discussions de Genève, le vice-président américain échappe à cette perception de trahison aux yeux des responsables iraniens.
Les positions passées de JD Vance jouent également un rôle dans cette dynamique. En 2024, il avait publiquement mis en garde contre un conflit avec l’Iran, estimant qu’il ne servirait pas les intérêts américains et constituerait une dispersion de ressources. Mardi, l’ambassadeur d’Iran au Pakistan, Reza Amiri Moghadam, a indiqué que les efforts d’Islamabad pour stopper la guerre entraient dans une phase critique et sensible, confirmant que le dialogue a dépassé le stade des discussions préliminaires.


