Le Sénégal confirme son attractivité sur le marché régional de la dette en signant une nouvelle opération réussie. À l’issue de l’adjudication du 24 avril 2026 sur le marché des titres publics de l’UEMOA, l’État est parvenu à lever 68 milliards de FCFA, dépassant son objectif initial de 65 milliards. Cette performance s’appuie sur une forte demande, avec des soumissions globales excédant 80 milliards FCFA, soit un taux de couverture de 123 %.
Structurée autour d’une émission combinée de Bons assimilables du Trésor (BAT) et d’Obligations assimilables du Trésor (OAT), l’opération illustre une stratégie de financement équilibrée entre court, moyen et long termes. Le BAT à 12 mois a ainsi permis de mobiliser près de 14,9 milliards FCFA, avec un rendement moyen pondéré de 6,81 %, confirmant son rôle central dans la gestion de trésorerie de l’État.
Sur le segment obligataire, les maturités intermédiaires ont dominé. L’OAT à 3 ans s’impose comme le principal levier de financement, captant plus de 50 milliards FCFA, avec un rendement proche de 7,9 %. Les émissions à 5 et 7 ans, bien que plus modestes, affichent respectivement des rendements de 7,78 % et 7,68 %, traduisant une relative stabilité de la courbe des taux, assortie d’une légère prime sur les maturités longues.
Au total, les autorités ont retenu un peu plus de 84 % des offres, témoignant d’une approche sélective et rigoureuse dans la mobilisation des ressources. Cette discipline, combinée à la capacité de dépasser les objectifs fixés, reflète une gestion active et maîtrisée de la dette publique.
L’opération s’est également distinguée par une diversification géographique des investisseurs. Cinq pays de l’Union ont pris part à la souscription, avec une prédominance de la Côte d’Ivoire, suivie du Sénégal. Des contributions ont également été enregistrées en provenance du Burkina Faso, du Bénin et du Togo, confirmant la profondeur et l’intégration croissante du marché régional.
Dans un contexte marqué par des tensions de liquidité et des besoins de financement accrus au sein de l’Union, cette levée de fonds renforce le statut du Sénégal comme signature souveraine de référence. En dépassant son objectif tout en maintenant des conditions de financement relativement stables, Dakar envoie un signal positif aux marchés, attestant de la solidité de sa signature et de sa capacité à mobiliser efficacement l’épargne régionale.


