En Nouvelle-Zélande, la justice a rejeté la demande de Brenton Tarrant, auteur de l’attaque contre deux mosquées de Christchurch en 2019, qui cherchait à faire annuler sa condamnation et sa peine. La décision de la Cour d’appel a été rendue jeudi, plusieurs années après cette fusillade qui avait fait 51 morts.
D’après Al Jazeera, la juridiction a estimé que le recours introduit par le ressortissant australien de 35 ans était « totalement dénué de fondement ». Tarrant tentait de revenir sur son plaidoyer de culpabilité dans ce qui reste la fusillade de masse la plus meurtrière de l’histoire du pays.
L’homme avait reconnu les faits avant d’être condamné en août 2020 à la prison à vie sans possibilité de libération conditionnelle. Son appel, déposé en février, soutenait que ses conditions de détention pendant la procédure étaient « torturantes et inhumaines » et l’auraient empêché de prendre des décisions rationnelles au moment de plaider coupable à 51 chefs de meurtre, 40 tentatives de meurtre et un acte terroriste.
Les faits remontent au 15 mars 2019, lorsque Brenton Tarrant a attaqué les fidèles musulmans à la mosquée Al Noor et au Linwood Islamic Centre, à Christchurch. L’attaque, diffusée en direct pendant 17 minutes, visait notamment des enfants, des femmes et des personnes âgées. Avant le passage à l’acte, l’assaillant avait également publié un manifeste en ligne.
Selon les éléments de la décision relayés par des médias locaux, les juges ont examiné deux questions principales : l’état mental de l’accusé au moment de son plaidoyer et le caractère volontaire de celui-ci. Le collège de trois juges a indiqué ne pas accepter la version de Tarrant sur son état psychologique, évoquant des incohérences dans son témoignage ainsi qu’un décalage avec les observations détaillées de l’administration pénitentiaire et les évaluations de professionnels de santé mentale.
La Cour d’appel a aussi conclu que ses aveux avaient été formulés volontairement et qu’il n’avait subi ni contrainte ni pression pour plaider coupable. Elle a ajouté que les preuves montraient qu’il ne souffrait pas d’impacts psychologiques significatifs liés à ses conditions de détention au moment de son plaidoyer. Des avocats représentant des survivants et des familles de victimes ont déclaré au média public RNZ que cette décision constituait « un immense soulagement », en évitant aux proches d’avoir à revivre le 15 mars lors d’un nouveau procès.


