Les opérations militaires menées dans le nord-est du Nigeria contre les groupes armés ont pris une tournure tragique ce week-end. Alors que les forces de défense traquaient des éléments rebelles, une intervention aérienne a touché une zone non combattante, provoquant d’importantes pertes civiles.
Selon les éléments rapportés par la chaîne Al Jazeera, un aéronef militaire nigérian a frappé le marché du village de Jilli, dans l’État de Yobe, situé à la frontière de l’État de Borno. L’opération visait initialement des membres de Boko Haram en fuite.
L’organisation Amnesty International fait état de plus de 100 personnes tuées et 35 blessés lors de cette attaque survenue samedi. Une évaluation partagée par les autorités traditionnelles locales. Le chef Lawan Zanna Nur Geidam a indiqué à l’AFP que le nombre total de victimes, morts et blessés confondus, s’élève à environ 200.
Dans sa communication officielle, l’armée de l’air nigériane a déclaré avoir éliminé des combattants de Boko Haram sur l’axe de Jilli, omettant de mentionner l’impact sur le marché. Le gouvernement de l’État de Yobe a cependant clarifié la situation par la suite, confirmant qu’une frappe aérienne s’était déroulée à proximité d’un lieu de commerce actif. Le général de brigade Dahiru Abdulsalam, conseiller militaire de l’État, a précisé que des habitants de la région de Geidam s’étant rendus au marché hebdomadaire de Jilli ont été touchés.
L’Agence de gestion des urgences de l’État de Yobe (SEMA) a activé son dispositif de secours dès la réception des premiers rapports. Les blessés ont été acheminés vers les structures sanitaires de Geidam et de Maiduguri. L’Associated Press, citant un agent de l’hôpital général de Geidam, rapporte qu’au moins 23 blessés y reçoivent actuellement des soins.
En réaction, Amnesty International a fermement condamné cette opération, dénonçant un usage imprudent de la force meurtrière et exigeant des autorités nigérianes l’ouverture d’une enquête immédiate et impartiale pour situer les responsabilités.


