Le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, poursuit les consultations inscrites dans le cadre du dialogue national dont la première phase se déroule du 21 au 24 mai 2026. Cette étape initiale met l’accent sur des échanges avec d’anciens responsables de l’État, notamment des Premiers ministres ainsi que d’anciens ministres ayant occupé les portefeuilles des Finances et de l’Intérieur. Cette démarche vise à recueillir les analyses et les expériences de personnalités ayant exercé de hautes fonctions au sein des institutions du pays.
D’après les services de communication du palais présidentiel, cette première séquence du dialogue national entend s’appuyer sur l’expertise de responsables ayant eu une connaissance directe des questions économiques et sécuritaires du Sénégal. Les discussions doivent porter sur la situation économique, sociale, sécuritaire et politique du pays. Les autorités présentent cette initiative comme un cadre destiné à favoriser la confrontation sereine des points de vue et à rechercher des consensus durables au bénéfice des Sénégalaises et des Sénégalais ainsi que du rayonnement international du pays.
Avant l’ouverture de cette phase, le Consortium des organisations de la société civile avait recommandé, lundi dernier, que les concertations reposent sur une représentation large, inclusive et équilibrée des forces vives de la Nation. Cette proposition préconisait notamment l’implication d’anciens Premiers ministres ainsi que d’anciens présidents de l’Assemblée nationale afin d’élargir les échanges à différentes sensibilités et expériences institutionnelles.
Le chef de l’État a répondu favorablement à cette demande en accordant, dans un premier temps, des audiences à plusieurs anciens chefs de gouvernement du Sénégal. Hier, Bassirou Diomaye Faye a ainsi reçu Abdoul Mbaye, Aminata Touré, Amadou Ba, Hadjibou Soumaré, Mamadou Lamine Loum et Sidiki Kaba. La présence de ce dernier a particulièrement retenu l’attention dans la mesure où il a accepté de répondre à l’invitation présidentielle malgré la position de son parti, l’Alliance pour la République (APR).
L’APR maintient en effet son boycott du dialogue national. Le parti dénonce un format qu’il juge non inclusif et critique ce qu’il qualifie de « persécution » judiciaire ainsi que de chasse aux sorcières visant plusieurs de ses anciens responsables. Cette position illustre les divergences persistantes autour des conditions d’organisation et du périmètre du dialogue engagé par les autorités.
Parallèlement aux critiques formulées par l’opposition, la démarche du président Diomaye Faye suscite également des réserves au sein même de son camp politique. Des responsables et militants de PASTEF expriment des interrogations sur l’orientation prise par ces consultations et sur leur portée politique. Certains considèrent que cette ouverture donnerait le sentiment d’une mise à l’écart du président du parti, Ousmane Sonko, dans l’exercice du pouvoir.
Au sein de PASTEF, plusieurs voix estiment que les priorités du pays devraient être concentrées sur les préoccupations quotidiennes des citoyens. Selon ces responsables, l’action présidentielle semble accorder une place importante à une stratégie politique qu’ils interprètent comme une tentative de contourner une figure devenue centrale dans le paysage politique national, en l’occurrence Ousmane Sonko. D’autres critiques portent sur la participation d’anciens Premiers ministres, certains militants rappelant leur éventuelle responsabilité dans les crises et tensions ayant précédé l’arrivée au pouvoir de l’actuelle majorité.
Ces contestations ont été exprimées publiquement par la députée et secrétaire générale départementale de PASTEF à Koumpentoum, Awa Sonko. Réagissant à l’invitation adressée aux anciens Premiers ministres, elle a déclaré : « inviter les anciens PM au dialogue, c’est comme inviter l’UCG à remettre les ordures dans nos ménages. Nos martyrs ne sont pas morts pour ça. Diomaye, reviens sur terre ! ». Cette sortie illustre les débats qui traversent actuellement le parti au pouvoir autour du format et des acteurs conviés au dialogue national.


