À l’université Gaston Berger de Saint-Louis, le professeur Kalidou Sy a exprimé, mardi, ses réserves sur la place accordée aux théories africaines endogènes dans les enseignements universitaires. Il s’exprimait en marge de l’ouverture d’un colloque international de deux jours, les 28 et 29 avril, organisé autour du thème : « Chez-soi, chez nous en Afrique : configuration, interprétation, transformation ».
D’après Sud Quotidien, l’enseignant-chercheur à l’UFR des Lettres et Sciences humaines (LSH) a estimé que, malgré la qualité des ressources humaines disponibles dans les universités africaines, les productions théoriques véritablement endogènes restent peu nombreuses dans les curricula. « Une chose essentielle, c’est que malgré ce qu’on pense et malgré les recherches en cours, il y a de très faibles théories africaines endogènes », a-t-il déclaré.
Le professeur Sy a précisé qu’il existe de nombreuses théories sur l’Afrique, ainsi que des théories produites par des Africains sur le continent. Mais, selon lui, un examen plus attentif montre qu’« 90% sont des théories occidentales recyclées par des africains ». Cette déclaration a été faite dans le cadre des échanges liés à ce colloque organisé à Saint-Louis.
Selon le professeur Kalidou Sy, cette situation pose la question de la capacité des universités à produire une pensée issue de leurs propres réalités. « Quelle que soit la détermination des politiques, la détermination et la motivation des générations, si nous ne sommes pas capables de penser par nous-mêmes, nous ne pourrons pas aller de l’avant », a-t-il affirmé. Il a également déclaré que « les autres pensent de l’Afrique en fonction de leurs propres intérêts ».
Également directeur du laboratoire du Groupe de Recherches en Analyse des Discours Sociaux (GRADIS), Kalidou Sy a soutenu que les universités africaines disposent d’un potentiel humain important. Il a appelé les États africains à mieux prendre en compte la place de l’enseignement supérieur, en rappelant que « les universités sont une partie importante de la société ».


