Le comédien sénégalais Ibrahima Mbaye Thié revient sur ses trente années de carrière théâtrale et cinématographique. De ses premiers pas dans une troupe scolaire à Saint-Louis jusqu’à son intégration au Théâtre national Daniel-Sorano, l’acteur retrace les étapes déterminantes de son parcours professionnel.
L’aventure artistique d’Ibrahima Mbaye Thié débute au sein de l’Alliance franco-sénégalaise de Saint-Louis, sous la direction de Habib Kébé. Cette première expérience collective est couronnée par un premier prix au festival interscolaire de l’Institut français de Dakar. C’est durant cette période que le cinéaste Moussa Sène Absa le remarque et lui confie un rôle dans le long-métrage « Les Enfants de Popenguine ».
Selon les informations rapportées par IGFM, le jeune homme prend alors la décision de quitter le circuit scolaire classique l’année de son baccalauréat pour passer le concours d’entrée à l’École nationale des arts de Dakar. Cette orientation vers les métiers de l’art a nécessité l’approbation préalable de son père. Face à la perception incertaine de ce secteur, ce dernier a d’abord éprouvé la détermination de son fils par divers questionnements avant de valider son choix.
Une fois admis, Ibrahima Mbaye Thié entame une formation de quatre ans sous la tutelle de Mamadou Diop. Il s’impose une discipline stricte, travaillant régulièrement ses textes en solitaire, tard dans la nuit, du côté de la Médina. En 1999, muni de son diplôme, il intègre le Théâtre national Daniel-Sorano. Il y évolue aux côtés de professionnels expérimentés tels qu’Oumar Seck, Ismaila Cissé et Ndoumbé Diop. Il s’illustre notamment en interprétant le rôle principal de Patrice Lumumba dans la pièce « Une saison au Congo ».
Aujourd’hui, l’acteur dresse le bilan de trois décennies passées sur les planches. Il souligne que la rudesse et le niveau d’exigence inhérents à ce métier ont forgé chez lui une rigueur professionnelle qui l’amène désormais à ne plus tolérer la médiocrité ou la légèreté dans son environnement de travail.


