La destruction des forêts tropicales primaires a ralenti en 2025 après avoir atteint un niveau record l’année précédente, selon une nouvelle étude publiée mercredi. Les chercheurs soulignent toutefois que les pertes restent élevées à l’échelle mondiale, malgré une baisse observée dans plusieurs pays.
D’après Al Jazeera, le monde a perdu 4,3 millions d’hectares de forêt tropicale primaire en 2025, soit une baisse de 36 % par rapport à 2024. Les données, issues du World Resources Institute (WRI) et de l’Université du Maryland, reposent sur des observations satellitaires. Les auteurs du rapport indiquent néanmoins que ce niveau reste 46 % supérieur à celui enregistré il y a dix ans.
Les chercheurs attribuent en partie ce recul à des politiques publiques plus fermes, tout en notant qu’il reflète aussi une accalmie après une année marquée par des incendies extrêmes. Elizabeth Goldman, codirectrice de la plateforme Global Forest Watch du WRI, a déclaré qu’une baisse de cette ampleur en une seule année était « encourageante », tout en avertissant que les feux alimentés par le changement climatique deviennent une « nouvelle norme dangereuse ».
Le Brésil, qui abrite la plus vaste forêt tropicale du monde, a enregistré une part importante de cette amélioration. Selon les données citées par les chercheurs, les pertes forestières hors incendies y ont diminué de 41 % par rapport à 2024, atteignant leur niveau le plus bas jamais relevé. Elizabeth Goldman a relié cette évolution au renforcement des politiques environnementales et des contrôles depuis l’arrivée au pouvoir du président Luiz Inacio Lula da Silva en 2023. Elle a notamment cité la relance d’un plan de lutte contre la déforestation et le durcissement des sanctions pour les crimes environnementaux.
Les auteurs de l’étude précisent cependant que les forêts brésiliennes restent exposées à l’expansion agricole, en particulier pour la production de soja et l’élevage bovin, ainsi qu’à des initiatives locales visant à affaiblir les protections environnementales. En Colombie, la perte de forêts a aussi diminué de 17 %, ce qui correspond à la deuxième année la plus basse depuis 2016, grâce à des politiques publiques et à des accords limitant les défrichements.
Dans d’autres régions, la situation demeure préoccupante. Les pertes de forêts tropicales sont restées élevées en République démocratique du Congo et au Cameroun. À l’échelle mondiale, les incendies ont représenté 42 % de la destruction des forêts tropicales. Les chercheurs avertissent également du retour attendu du phénomène climatique El Niño au milieu de l’année, avec un risque accru de vagues de chaleur, de sécheresses et de feux de forêt. Le rapport indique enfin que la perte forestière mondiale reste 70 % au-dessus du niveau nécessaire pour atteindre l’objectif fixé à 2030 d’arrêter puis d’inverser la disparition des forêts.

