Le Premier ministre du Sénégal, Ousmane Sonko, a réaffirmé l’engagement de l’État à respecter l’ensemble des engagements pris avec les syndicats du secteur de l’éducation et de la formation, à l’issue de la signature d’un protocole d’accord avec le G7. Une position qu’il a tenue à clarifier face aux inquiétudes récurrentes des organisations syndicales sur l’application des accords.
Lors de la cérémonie de clôture des négociations, le chef du gouvernement a tenu un langage de fermeté et de responsabilité : « Je puis vous assurer que nous ne vous refuserons rien qui soit possible », a-t-il déclaré, insistant sur la distinction entre volonté politique et capacité réelle d’exécution.
Ousmane Sonko a souligné que le dialogue engagé avec les enseignants s’inscrit dans un vaste processus de réforme. Selon lui, « il y a deux aspects importants : donner et avoir la capacité de donner », rappelant que les politiques publiques doivent tenir compte des contraintes économiques du pays.
Le Premier ministre a également mis en avant la nécessité d’un dialogue social mieux compris et mieux rythmé. « C’est le contexte et c’est le tempo. Et si on ne les intègre pas suffisamment, on tombe dans un dialogue de sourds », a-t-il averti, appelant les différentes parties à une écoute mutuelle et à une meilleure compréhension des réalités de chacun.
Dans cette logique, Ousmane Sonko a insisté sur la responsabilité partagée entre l’État et les syndicats. « Cet État a l’obligation d’écouter les enseignants, la santé, les greffiers, les transporteurs, les agriculteurs. Mais nos vis-à-vis ont aussi l’obligation de nous écouter », a-t-il indiqué, déplorant parfois un manque de réciprocité dans l’écoute.
Le chef du gouvernement a par ailleurs assuré que les engagements pris seront respectés, tout en rappelant les contraintes budgétaires importantes auxquelles fait face le Sénégal. « Vous ne pouvez pas ignorer que le Sénégal oriente plus de 70% de tous ses revenus vers le remboursement d’une dette qui nous asphyxie », a-t-il souligné, évoquant une situation financière qui limite les marges de manœuvre de l’État.
Dans ce contexte, il a défendu une approche de vérité et de transparence dans la gestion des revendications sociales : « Ce sera un langage de vérité, un langage de transparence », a-t-il promis, rejetant toute idée de « schéma de tromperie » dans les relations avec les partenaires sociaux.
Ousmane Sonko a également estimé que l’accumulation des accords sociaux non respectés par le passé constitue aujourd’hui un lourd héritage pour l’État, conséquence de décisions qu’il juge irréalistes prises par les gouvernements précédents.
S’agissant des perturbations scolaires, le Premier ministre a regretté l’impact des grèves sur le quantum horaire, tout en appelant les enseignants à faire preuve de responsabilité afin de limiter les conséquences sur les apprenants. Il a exprimé sa confiance dans la capacité du corps enseignant à « résorber ces heures afin que les enfants puissent passer le cap dans les meilleures conditions ».


