Des hommes armés ont visé plusieurs sites à Bamako et dans d’autres villes du Mali tôt samedi, l’armée affirmant dès l’ouverture de son point sur la situation, relayé par Aol, que des « groupes armés terroristes non identifiés » avaient ciblé certains lieux et casernes de la capitale.
Les autorités maliennes ont indiqué que les soldats étaient « engagés dans l’élimination des assaillants ». Dans un autre communiqué publié plus tard, l’armée a ajouté que la situation était sous contrôle.
Ce qui a été signalé dans les différentes villes
À Bamako, un journaliste de l’Associated Press a entendu des tirs soutenus d’armes lourdes et de fusils automatiques venant de l’aéroport international Modibo Keïta, situé à environ 9 miles du centre-ville. Il a aussi vu un hélicoptère au-dessus de quartiers voisins.
Un habitant vivant près de l’aéroport a également fait état de tirs et de trois hélicoptères en patrouille. L’aéroport est adjacent à une base aérienne utilisée par l’armée de l’air malienne.
Dans la ville de Kati, proche de Bamako et qui abrite la principale base militaire du pays, un habitant a dit avoir été réveillé tôt le matin par des tirs et des explosions. Le général Assimi Goïta, chef de la junte militaire malienne, réside à Kati.
D’autres habitants, dans les villes du nord comme Kidal et Gao, ont aussi rapporté des échanges de tirs et des explosions samedi matin. Des vidéos diffusées sur les réseaux sociaux montraient des convois de combattants en camions et à moto dans les rues désertes de Kati, ainsi que des affrontements armés à Kidal et Gao.
Kidal et Gao au cœur des déclarations
Un ancien maire de Kidal a déclaré par téléphone à l’Associated Press que des hommes armés étaient entrés dans la ville, avaient pris le contrôle de certains quartiers et avaient provoqué des échanges de tirs avec l’armée. Il s’est exprimé sous couvert d’anonymat par crainte pour sa sécurité.
Mohamed Elmaouloud Ramadane, porte-parole du mouvement séparatiste azawad dirigé par des Touaregs, a affirmé sur Facebook que ses forces avaient pris le contrôle de Kidal ainsi que de certaines zones de Gao. Cette affirmation n’a pas pu être vérifiée de manière indépendante par l’AP.
À Gao, un habitant a expliqué que les tirs et explosions avaient commencé aux premières heures de samedi et se faisaient encore entendre en fin de matinée. Il a précisé que les détonations venaient du camp militaire et de l’aéroport, situés côte à côte.
Les éléments donnés sur la portée de l’attaque
L’ambassade des États-Unis à Bamako a diffusé une alerte de sécurité après des informations faisant état d’explosions et de tirs près de Kati et de l’aéroport international Modibo Keïta. Elle a demandé aux citoyens américains de rester à l’abri et d’éviter tout déplacement vers ces zones jusqu’à nouvel ordre.
Ulf Laessing, responsable du programme Sahel à la Fondation Konrad Adenauer, a estimé qu’il pourrait s’agir de la plus grande attaque coordonnée menée au Mali depuis des années. Il a aussi jugé particulièrement préoccupante l’apparente coordination entre le JNIM, affilié à Al-Qaïda, et des rebelles touaregs.
Le Mali est confronté à des insurrections menées par des groupes affiliés à Al-Qaïda et à l’organisation État islamique, ainsi qu’à une rébellion séparatiste dans le nord. En 2024, un groupe lié à Al-Qaïda avait revendiqué une attaque contre l’aéroport de Bamako et un camp d’entraînement militaire dans la capitale, faisant des dizaines de morts.


