L’accord prévoyait une pause de 32 heures sur la ligne de front pour marquer la Pâque orthodoxe. Pourtant, la trêve conclue entre Kiev et Moscou a rapidement laissé place à des affrontements intenses, les deux camps s’accusant mutuellement de milliers de violations.
Selon les données rapportées par Al Jazeera, le silence des armes n’a été que très relatif sur les 1 200 kilomètres de ligne de front. L’état-major ukrainien a recensé 2 299 violations de la part des forces russes, incluant 28 assauts terrestres, des centaines de tirs d’artillerie et plus de 1 700 frappes de drones. En face, le ministère russe de la Défense a comptabilisé 1 971 manquements imputés à l’armée ukrainienne, signalant l’utilisation massive de chars, d’artillerie et de drones, ainsi que des tentatives d’avancée nocturne qui auraient été repoussées.
Face à l’échec de ce cessez-le-feu temporaire, les autorités russes ont clarifié leur position sur la suite des opérations. Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a exclu toute prolongation de la trêve sans l’acceptation préalable des conditions russes par le président ukrainien Volodymyr Zelensky. Moscou maintient notamment son objectif strict de prendre le contrôle des 17 à 18 % restants de la région contestée de Donetsk. L’offensive militaire se poursuivra donc à l’expiration du délai initialement fixé.
Malgré le maintien des accrochages, une légère accalmie a été observée sur certains segments du front. L’armée ukrainienne a notamment souligné l’arrêt total des attaques de drones à longue portée de type Shahed et des bombardements aériens guidés durant cette période. Dans la région de Kharkiv, cette baisse d’intensité a permis aux soldats de la 33e brigade mécanisée d’assister à une messe de Pâques en plein air. De l’autre côté de la frontière, dans la région russe de Koursk, le gouverneur local a toutefois signalé une frappe de drone sur une station-service, blessant trois personnes.
Cette tentative de cessez-le-feu s’inscrit dans un contexte de blocage diplomatique profond. Les récentes négociations sous l’égide des États-Unis n’ont pas permis de rapprocher les positions, la diplomatie américaine étant par ailleurs de plus en plus concentrée sur les tensions au Moyen-Orient. Le point d’achoppement central demeure la question territoriale : l’Ukraine propose un gel du conflit sur les positions actuelles, une option catégoriquement rejetée par la Russie qui revendique l’intégralité de la région de Donetsk, même si elle n’en contrôle qu’une partie.


