L’industrie sidérurgique française traverse une zone de turbulences majeures. Alors que le Parlement examine l’avenir du secteur, les organisations syndicales montent au créneau pour alerter sur un risque de désindustrialisation lié à de nouveaux projets de restructuration.
C’est dans ce contexte que Sophie Binet, secrétaire générale de la CGT, a plaidé ce mercredi pour la nationalisation du groupe ArcelorMittal. Intervenant sur les ondes de France Inter, la responsable syndicale a estimé que sans une intervention directe de l’État, la France et l’Europe risquaient de voir leur production d’acier disparaître d’ici à 2030, rapporte l’agence Anadolu.
Cette déclaration coïncide avec l’examen au Sénat français d’une proposition de loi allant dans ce sens. Le texte, porté initialement par des députés de La France insoumise et adopté fin novembre à l’Assemblée nationale, a été inscrit à l’ordre du jour de la chambre haute par le groupe communiste. La stratégie prônée par la direction de la CGT consiste à convertir les aides publiques perçues par l’entreprise en prises de participation, permettant ainsi à l’État de peser directement sur les décisions stratégiques du géant sidérurgique.
L’urgence de la procédure est dictée par des orientations internes au groupe. La direction Europe d’ArcelorMittal envisagerait en effet une nouvelle phase de délocalisation de ses activités vers l’Inde. Selon les éléments relayés par Anadolu, ce projet de transfert menacerait directement environ 600 emplois sur le territoire français.
Face à cette perspective, la mobilisation s’organise sur les plans politique et social. Ces derniers jours, des parlementaires et des représentants syndicaux ont appelé à accentuer la pression sur le gouvernement pour qu’il étudie formellement l’option d’une nationalisation. En parallèle des débats parlementaires, des salariés d’ArcelorMittal, un employeur majeur dans plusieurs bassins industriels du pays, ont prévu de se rassembler ce mercredi aux abords du Sénat.

