Les pourparlers directs entre les délégations américaine et iranienne, organisés samedi à Islamabad, se sont soldés par un échec. Face à cette impasse diplomatique, la tension remonte d’un cran : Washington annonce des opérations restrictives immédiates tandis que Téhéran appelle ses partisans à maintenir leur mobilisation sur le terrain.
Selon les informations rapportées par Al Jazeera, la délégation iranienne, dirigée par le président du Parlement Mohammad Bagher Ghalibaf, a refusé d’accéder aux exigences centrales des États-Unis. Celles-ci incluaient l’arrêt total de l’enrichissement nucléaire sur le sol iranien et l’abandon du contrôle du détroit d’Ormuz. Le ministère iranien des Affaires étrangères a précisé qu’une seule journée de négociations ne permettait pas d’aboutir à un accord, un résultat salué par plusieurs législateurs conservateurs à Téhéran.
En réaction à ce blocage, le président américain Donald Trump a déclaré dimanche que l’US Navy allait entamer immédiatement le processus de blocage de tout navire tentant d’entrer ou de sortir du détroit d’Ormuz. Il a également affirmé que l’armée américaine restait prête à intervenir pour neutraliser l’Iran au moment jugé opportun. Ebrahim Azizi, chef de la commission de la sécurité nationale du Parlement iranien, a qualifié ces déclarations de requêtes excessives formulées à voix haute.
Du côté de Téhéran, les autorités affichent leur fermeté. Le chef du pouvoir judiciaire, Gholam-Hossein Mohseni-Ejei, a salué le travail de la délégation, forte de 85 membres et dépêchée au Pakistan pour apaiser les inquiétudes internes nées de l’annonce soudaine d’un cessez-le-feu de deux semaines. Il a exhorté les partisans du gouvernement, y compris les forces paramilitaires, à garder le contrôle des places et rues principales de Téhéran et d’autres villes, occupées chaque nuit depuis plus de six semaines.
À la télévision d’État, un membre masqué de la division aérospatiale du Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) a promis de faire plier l’adversaire face à une foule réclamant de nouvelles frappes de missiles et de drones. Le CGRI a par ailleurs menacé de répondre avec toute sa force à tout passage de navires militaires dans le détroit, démentant l’annonce américaine selon laquelle deux navires de guerre auraient déjà traversé la zone pour des opérations de déminage.
Sur le plan diplomatique, le président russe Vladimir Poutine a contacté son homologue iranien Massoud Pezeshkian dimanche pour proposer la poursuite de la facilitation diplomatique russe au Moyen-Orient. En interne, l’Iran continue de faire face à une inflation chronique et à des coupures quasi-totales d’Internet. Le gouvernement a annoncé que les cours dans les écoles et les universités se tiendraient désormais en ligne, via un intranet local restreint, jusqu’à nouvel ordre.


