Les Émirats arabes unis ont annoncé leur retrait de l’OPEP et du cadre élargi OPEP+, une décision rendue publique mardi et qui doit entrer en vigueur le 1er mai. Le pays du Golfe, qui dispose d’une capacité d’environ 4,8 millions de barils par jour, a indiqué vouloir se concentrer sur ses « intérêts nationaux ».
D’après Al Jazeera, ce départ intervient alors que la guerre entre les États-Unis, Israël et l’Iran a provoqué un choc énergétique présenté comme historique. L’OPEP, organisation intergouvernementale permanente basée à Vienne en Autriche, a pour mission de coordonner et d’unifier les politiques pétrolières de ses États membres.
L’organisation a été créée lors de la conférence de Bagdad en septembre 1960 par cinq pays fondateurs : l’Iran, l’Irak, le Koweït, l’Arabie saoudite et le Venezuela. Selon les informations rapportées par Al Jazeera, cette initiative visait alors à reprendre la main sur les ressources naturelles face aux grandes compagnies pétrolières occidentales, connues sous le nom de « Seven Sisters », qui dominaient la production et la fixation des prix.
Aujourd’hui, l’OPEP compte 12 membres : l’Algérie, la République du Congo, la Guinée équatoriale, le Gabon, l’Iran, l’Irak, le Koweït, la Libye, le Nigeria, l’Arabie saoudite, le Venezuela et, jusqu’à l’entrée en vigueur de son retrait, les Émirats arabes unis. Le groupe représente environ 30 % de l’offre mondiale grâce à un système de quotas de production destiné à soutenir la stabilité des prix.
Depuis 2016, l’OPEP coopère aussi avec d’autres producteurs dans le cadre de l’OPEP+, notamment la Russie, l’Azerbaïdjan, le Kazakhstan, le Bahreïn, le Brunei, la Malaisie, le Mexique, Oman, le Soudan du Sud et le Soudan. Ensemble, cet ensemble pèse environ 41 % de l’offre mondiale. Avec l’Arabie saoudite, les Émirats figurent parmi les rares membres disposant d’une capacité excédentaire importante, mobilisable en cas de choc sur l’approvisionnement.
Al Jazeera précise que les tensions politiques ont progressivement éloigné Abou Dhabi de plusieurs partenaires de l’organisation, en particulier de l’Arabie saoudite, sur des dossiers comme le Yémen. Le média rappelle aussi que les Émirats ont renforcé leurs relations avec les États-Unis et Israël, avec lequel ils ont officialisé leurs liens en 2020 dans le cadre des accords d’Abraham. Les Émirats arabes unis ne sont pas le premier pays à quitter l’organisation : l’Indonésie, le Qatar, l’Équateur, l’Angola et le Gabon se sont aussi retirés ces dernières années, principalement en raison de désaccords sur les quotas de production.


