Israël et le Liban ont entamé jeudi un cessez-le-feu de dix jours sous l’égide des États-Unis, marquant une pause après six semaines de violences. Cependant, de premières violations ont déjà été signalées sur le terrain vendredi, tandis que les tractations diplomatiques s’étendent désormais au-delà du territoire libanais.
D’après les informations rapportées par Al Jazeera, l’accord annoncé par le président américain Donald Trump est entré en vigueur jeudi à 21h00 GMT. Cette trêve temporaire intervient après une offensive israélienne ayant causé la mort d’au moins 2 196 personnes au Liban et engendré le déplacement de plus d’un million de civils.
**Violations signalées et avertissements militaires**
Dès vendredi matin, l’armée libanaise a fait état d’infractions israéliennes, incluant des tirs d’artillerie intermittents. Le média Lebanon 24 a par ailleurs signalé que des tirs de mitrailleuses ont visé une équipe d’ambulanciers de l’Autorité sanitaire islamique à Kunin, dans le gouvernorat de Nabatieh, faisant des victimes.
De son côté, le porte-parole de l’armée israélienne, Avichay Adraee, a formellement interdit aux résidents de retourner au sud du fleuve Litani. Cette injonction est justifiée par le maintien des positions israéliennes pour contrer les activités du Hezbollah. En réponse, l’organisation libanaise a appelé les déplacés à la plus grande prudence avant de regagner les zones ciblées. La veille de l’accord, le Hezbollah avait revendiqué le lancement de 75 attaques, réparties entre le territoire libanais et le nord d’Israël.
**Divisions politiques en Israël**
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a présenté cet arrêt des combats comme une opportunité pour conclure un accord historique, tout en exigeant le désarmement du Hezbollah et en confirmant le maintien d’une zone de sécurité jusqu’à la frontière syrienne. Toutefois, selon Al Jazeera, l’ancien diplomate israélien Alon Pinkas affirme que Benjamin Netanyahu a été contraint d’accepter cette pause sous la pression directe de Donald Trump.
Sur le plan politique intérieur, le chef de l’opposition Yair Lapid a vivement critiqué la trêve, estimant qu’elle ne permet pas d’écarter définitivement la menace pesant sur les colonies du nord. Une frustration partagée par plusieurs élus locaux de la région, tels que Moshe Davidovich et Shimon Guetta, qui exigent une sécurisation absolue de leurs territoires.
**L’ouverture de pourparlers avec Téhéran**
Cet accord s’accompagne de développements diplomatiques parallèles. Donald Trump a indiqué qu’un compromis pour mettre fin aux hostilités avec l’Iran était proche et que les pourparlers de paix avec Téhéran pourraient reprendre dès ce week-end à Islamabad, la capitale du Pakistan. La diplomatie iranienne, impliquée dans la récente escalade au Moyen-Orient, a accueilli favorablement l’annonce du cessez-le-feu libanais, perçu comme un préalable aux futures négociations. Enfin, le président américain prévoit d’accueillir prochainement Benjamin Netanyahu et le président libanais Joseph Aoun à Washington pour poursuivre les discussions de paix.


