Le Nigeria Labour Congress a exhorté les syndicats sud-africains à se dresser contre une vague d’attaques xénophobes visant des Nigérians et d’autres migrants africains en Afrique du Sud. Pour la centrale nigériane, ces violences menacent directement l’unité de la classe ouvrière africaine.
Dans une lettre adressée au Congress of South African Trade Unions, elle condamne les meurtres, les intimidations et la destruction de commerces appartenant à des travailleurs migrants. La centrale demande aussi au gouvernement sud-africain de poursuivre immédiatement les auteurs et de renforcer la protection des communautés visées.
Signée par son président Joe Ajaero, cette lettre décrit une crise qui dépasse, aux yeux du NLC, le seul cadre sud-africain. Le texte, relayé par Apanews, affirme que des travailleurs zimbabwéens, malawites, mozambicains, somaliens, nigérians et d’autres encore sont pris pour cibles.
Le contraste posé par le NLC est net : la crise du chômage, du logement et des services sociaux en Afrique du Sud est jugée bien réelle, mais les migrants ne doivent pas en devenir les boucs émissaires. La centrale attribue ces attaques aux difficultés économiques, au chômage, aux inégalités et aux politiques économiques néolibérales qui frappent les travailleurs sur le continent.
Le NLC accuse aussi les forces de sécurité sud-africaines de passivité face aux violences. Il réclame le déploiement complet des moyens de l’État pour protéger les travailleurs migrants et leurs biens, ainsi qu’une poursuite rapide des responsables et une indemnisation des familles et des victimes.
En rappelant le soutien du Nigeria à la lutte anti-apartheid, la centrale inscrit son appel dans l’histoire de la solidarité syndicale africaine. Elle demande enfin une riposte syndicale à l’échelle du continent à travers l’ITUC-Africa et l’OATUU, en avertissant que la xénophobie pourrait s’étendre au-delà de l’Afrique du Sud si elle n’est pas stoppée.


