Deux mois après la désignation de Mojtaba Khamenei au poste le plus puissant d’Iran, le président Massoud Pezeshkian a annoncé jeudi avoir eu avec lui un échange de deux heures et demie, présenté comme positif. Le chef de l’État a décrit un climat de « confiance, de calme, de solidarité et de dialogue direct, sans intermédiaire ».
Cette prise de parole intervient alors que Donald Trump et d’autres responsables américains soutiennent depuis le début de la guerre, le 28 février, l’idée d’un pouvoir iranien divisé après la mort de l’ayatollah Ali Khamenei et d’autres dirigeants. L’annonce de Pezeshkian apparaît comme une réponse à ce récit, au moment où Washington a aussi transmis une nouvelle proposition pour parvenir à un accord avec Téhéran.
Dans le même temps, le réseau Iran International, basé à Londres et opposé à la République islamique, a affirmé en citant des sources non identifiées que Pezeshkian avait été irrité par des opérations militaires ordonnées par Ahmad Vahidi, Ali Abdollahi et d’autres commandants des Gardiens de la révolution, au point d’envisager une démission avant d’exiger un accès direct au guide suprême, en convalescence après l’attaque qui a tué son père.
Le détroit d’Hormuz au centre des équilibres
Le directeur de cabinet du président et son adjoint chargé de la communication ont rejeté séparément ces informations auprès de l’agence ISNA, en expliquant que Pezeshkian et les commandants des Gardiens de la révolution prennent leurs décisions lors de réunions communes, et en qualifiant de « fausses informations » les récits sur des démissions et des fractures internes. Sur un autre plan, le rôle central des Gardiens de la révolution et de l’appareil sécuritaire dans les choix stratégiques, surtout autour du détroit d’Hormuz, a été décrit par des experts interrogés par Al Jazeera.
L’analyste Sina Toossi a estimé que le camp militaire et sécuritaire autour de Mojtaba Khamenei dispose actuellement d’une influence considérable, tandis que Saeed Leylaz a jugé que, malgré des avis différents entre certaines figures du pouvoir, les responsables iraniens se sont rangés derrière le nouveau guide suprême. Leylaz a aussi affirmé que les autorités iraniennes s’accordent sur la nécessité de conserver le contrôle d’Hormuz tant que le blocus naval américain des ports iraniens se poursuit.
Téhéran continue parallèlement ses messages diplomatiques vers Washington par des intermédiaires, tout en affichant sa méfiance. Pezeshkian et d’autres responsables disent refuser un accord assimilé à une capitulation. Cette semaine, le ministre des Affaires étrangères Abbas Araghchi s’est rendu en Chine et a maintenu des contacts étroits avec la Russie, alors que Donald Trump et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu continuent d’exiger l’arrêt complet de l’enrichissement d’uranium sur le sol iranien et l’extraction de son uranium hautement enrichi enfoui.


