Après sa garde à vue consécutive à une plainte du ministre de la Santé pour diffamation, Ibrahima Coulibaly, président du syndicat des directeurs d’écoles en santé du Sénégal, maintient ses accusations et revient sur le dossier sensible du recrutement d’agents de santé.
Selon lui, les alertes formulées par son organisation ne relèvent pas d’une polémique personnelle mais d’un enjeu de transparence dans la gestion des ressources humaines du secteur sanitaire. Il affirme avoir dénoncé une méthode qu’il juge irrégulière : « On a oui dire que le gouvernement voulait faire des recrutements des agents de santé en les transformant de recrutements contractuels, écartant ainsi les ayant-droits. Et à l’époque, on avait alerté. »
Le syndicaliste évoque également un précédent qu’il estime problématique dans le secteur : « Il y a eu un précédent, des recrutements de sages qui n’ont pas respecté la voie régulière. »
Plus largement, Ibrahima Coulibaly dénonce ce qu’il considère comme une confusion des rôles au sommet du ministère : « Le problème n’est pas d’ordre personnel, c’est une crise à la tête de laquelle se trouve le ministre de la Santé, qui n’a aucun droit pour délivrer illégalement des diplômes, organiser des examens. »
Il critique également ce qu’il qualifie de limites dans l’action des organisations syndicales du secteur, qu’il accuse de se concentrer sur les revendications salariales au détriment des questions structurelles.
Sur le fond, il insiste sur le respect des principes républicains dans les recrutements publics : « On veut qu’au Sénégal, quand la Fonction publique recrute, qu’elle respecte les principes d’égalité et d’équité. Ce n’est pas le ministre de la Santé qui reconnaît les diplômes. »
In fine, M. Coulibaly lance un appel direct aux autorités compétentes, notamment au ministère de la Fonction publique, les invitant à revoir les procédures en vigueur : « Qu’il entre dans la bonne dynamique d’égalité et d’équité. »


