Entre la défense affichée de la francophonie en Egypte et un sommet baptisé en anglais au Kenya, Emmanuel Macron poursuit sa tournée africaine avec une étape présentée comme centrale. Le président français est attendu dimanche à Nairobi, au deuxième jour d’un déplacement qui doit s’achever mercredi en Ethiopie.
Pourquoi Emmanuel Macron se rend-il au Kenya ?
Le Kenya est présenté par Emmanuel Macron comme l’emblème d’une « relation refondée » entre la France et l’Afrique. Le pays, anglophone, incarne cette volonté de diversifier les partenariats africains de Paris, dans un contexte marqué aussi par les ruptures avec plusieurs anciennes colonies francophones pendant ses deux mandats.
Que doit-il faire à Nairobi dimanche ?
Après avoir quitté Alexandrie dans la matinée, où il a inauguré samedi le nouveau campus de l’Université Senghor de la Francophonie, le chef de l’Etat français doit arriver à Nairobi, en Afrique de l’Est. Son programme prévoit un tête-à-tête avec le président kényan William Ruto, une conférence de presse dans l’après-midi et la signature d’accords entre des entreprises françaises et kényanes.
Pourquoi William Ruto occupe-t-il une place clé dans cette visite ?
William Ruto est présenté comme un allié important d’Emmanuel Macron sur la réforme de l’architecture financière internationale, avec l’objectif de mieux mobiliser l’argent privé alors que l’aide publique au développement se raréfie. Dans un passage rapporté à Actu, l’Elysée met aussi en avant une relation bilatérale dont la « dynamique partenariale » se serait densifiée ces dernières années.
Le Kenya accueille aujourd’hui 140 entreprises françaises, contre une trentaine de grosses sociétés il y a quinze ans, d’après une source diplomatique citée dans le contenu source.
Quel sommet Afrique-France est prévu à Nairobi ?
Lundi et mardi, Emmanuel Macron doit y organiser son premier vrai sommet Afrique-France. Baptisé « Africa Forward », il se tiendra pour la première fois dans un pays anglophone. Samedi à Alexandrie, le président français a parlé d’un « clin d’oeil » pour marquer l’ouverture de la France au-delà de son ancien « pré carré » francophone, sur un « continent aux mille langues ».
Ce rendez-vous doit être tourné vers l’économie et les investissements. Une importante délégation de dirigeants d’entreprises françaises est annoncée, parmi lesquels Rodolphe Saadé, Patrick Pouyanné, Sébastien Bazin et Antoine de Saint-Affrique. Cette « coalition de CEO » doit rencontrer mardi plus d’une vingtaine de chefs d’Etat et de gouvernement attendus, avec de possibles annonces d’investissements.
Dans quel contexte politique cette séquence africaine s’inscrit-elle ?
La diplomatie française espère répondre aux critiques sur un désengagement de certaines entreprises françaises, alors que l’influence de Paris a reculé dans plusieurs pays africains. Le texte source rappelle aussi que les putschs survenus entre 2020 et 2023 au Mali, au Burkina Faso et au Niger ont accéléré la rupture avec la France et le départ de son armée.
Le sentiment antifrançais est également décrit comme en hausse dans d’autres pays du continent, du Sénégal à Madagascar en passant par l’Algérie. A l’issue de l’étape kényane, la tournée africaine d’Emmanuel Macron doit se poursuivre en Ethiopie mercredi.


