Les récentes déclarations du président américain Donald Trump sur le Groenland ont provoqué une vive réaction au sommet de l’exécutif local. Face aux critiques, le Premier ministre de l’île a fermement rejeté ces propos, tout en mettant en garde ses alliés contre les ambitions de Washington dans cette région stratégique.
Selon les informations consultées par notre rédaction auprès d’Al Jazeera, la tension a éclaté mercredi à la suite d’une publication de Donald Trump sur les réseaux sociaux. Exprimant sa frustration face à la réticence de l’Otan à s’impliquer dans la guerre en Iran — un conflit qu’il a initié avec Israël —, le locataire de la Maison-Blanche a affirmé que l’alliance militaire ne serait pas présente en cas de besoin. Il a conclu son message en qualifiant le Groenland de « gros morceau de glace mal géré ».
Dès jeudi, le Premier ministre groenlandais, Jens-Frederik Nielsen, a catégoriquement repoussé cette description. « Nous ne sommes pas un morceau de glace. Nous sommes une population fière de 57 000 habitants, travaillant chaque jour comme de bons citoyens du monde dans le respect total de tous nos alliés », a-t-il déclaré à l’agence Reuters. Le dirigeant a profité de cette sortie pour exhorter les membres de l’Otan à rester unis afin de préserver l’ordre géopolitique et le droit international, qu’il estime aujourd’hui menacés.
Ces échanges s’inscrivent dans un contexte d’escalade récente. En début d’année, Donald Trump avait ravivé son projet de s’emparer du Groenland, territoire autonome appartenant au Danemark. En janvier, la Maison-Blanche avait même envisagé le recours à la force militaire, poussant la France, l’Allemagne et d’autres nations européennes à y déployer de petits contingents en signe de dissuasion. La crise s’était temporairement apaisée après des discussions avec le secrétaire général de l’Otan, Mark Rutte, orientant le dossier vers la voie diplomatique.
Bien que des pourparlers impliquant le Groenland, le Danemark et les États-Unis soient toujours en cours, Jens-Frederik Nielsen reste sur ses gardes. Washington dispose déjà d’une base sur l’île en vertu d’un traité de 1951, et l’administration américaine soutient que le contrôle du territoire est indispensable pour contrer l’influence de la Russie et de la Chine dans l’Arctique. Malgré le dialogue entamé, le Premier ministre groenlandais se veut précis sur les intentions américaines : selon lui, la volonté de Donald Trump de prendre le contrôle définitif de l’île n’a jamais été retirée de la table des négociations.


