Le groupe aéronautique allemand Lufthansa va supprimer 20 000 vols court-courriers d’ici le mois d’octobre. Cette réduction de l’offre s’inscrit dans un contexte de flambée des prix du pétrole, provoquée par la guerre en Iran, qui menace l’approvisionnement en carburant des compagnies aériennes.
Selon les informations rapportées par Al Jazeera, la compagnie allemande a annoncé jeudi qu’elle annulerait les liaisons les moins rentables. L’entreprise va recentrer ses opérations sur ses hubs de Francfort et Munich, une stratégie destinée à économiser environ 40 000 tonnes de kérosène. En parallèle, le groupe a décidé de clouer au sol 27 avions appartenant à sa filiale court-courrier CityLine, anticipant ainsi son calendrier initial.
La crise du carburant est causée par les tensions entre les États-Unis et l’Iran dans le détroit d’Ormuz, un couloir maritime par lequel transitent habituellement 20 % de l’approvisionnement mondial de pétrole et de gaz naturel liquéfié. Depuis le déclenchement de la guerre israélo-américaine contre l’Iran à la fin du mois de février, le prix du kérosène a plus que doublé sur certains marchés. Le baril est ainsi passé de 99 dollars fin février à un pic de 209 dollars au début du mois d’avril, d’après les données de l’agence Associated Press.
Les transporteurs européens sont particulièrement exposés à cette hausse, le continent important près de 75 % de son kérosène depuis la région du Moyen-Orient. Lufthansa affirme avoir sécurisé des réserves suffisantes pour les prochaines semaines et déploie plusieurs mesures, dont l’achat physique de carburant, pour stabiliser ses stocks estivaux. Pour les passagers, cette situation se traduit déjà par une diminution des options de vols et une augmentation des frais à l’approche de la haute saison, plusieurs compagnies ajustant les tarifs des bagages en soute ou appliquant des surcharges.
Le directeur de l’Agence internationale de l’énergie (AIE), Fatih Birol, a averti que l’Europe ne disposait plus que d’environ six semaines de réserves de kérosène. Il a signalé la possibilité de prochaines annulations de vols si les approvisionnements restent bloqués, et ce malgré le cessez-le-feu temporaire en vigueur entre l’Iran et les États-Unis.
Le commissaire européen à l’Énergie, Dan Jørgensen, a précisé mercredi que le conflit coûte actuellement près de 500 millions d’euros (environ 600 millions de dollars) par jour à l’Europe. Les gouvernements de l’Union européenne s’inquiètent de pénuries durables de carburant d’aviation, le commissaire ajoutant que même dans le meilleur des scénarios, les conséquences sur les prix pourraient s’étendre sur plusieurs mois, voire plusieurs années.


