Ce vendredi, au Sénégal, le président de la République Bassirou Diomaye Faye a mis fin aux fonctions du Premier ministre Ousmane Sonko ainsi qu’à celles de l’ensemble du gouvernement. L’annonce intervient au moment où le pays suivait la séance de questions d’actualité à l’Assemblée nationale, où Ousmane Sonko faisait face aux députés.
Le décalage est d’autant plus marqué que cette décision tombe le même jour que cette comparution du chef du gouvernement devant les parlementaires. Pour l’heure, la présidence n’a pas détaillé les motifs officiels de cette mesure. Dans les dernières heures, le chef de l’État avait toutefois multiplié les consultations, en recevant notamment d’anciens Premiers ministres et plusieurs anciens ministres des Finances.
Cette séquence intervient dans un climat politique déjà traversé par des prises de position sur la place d’Ousmane Sonko à la Primature. Le 8 mai 2026, le député Abdourahmane Diouf avait averti que si Ousmane Sonko était écarté pour laisser place à un autre Premier ministre, la majorité parlementaire voterait une motion de censure. Il mettait alors en avant le poids politique du leader de Pastef à l’Assemblée nationale.
D’autres voix s’étaient également exprimées, sur un registre différent, autour de l’autorité au sommet de l’État. En mars 2026, Me Moussa Diop avait rappelé publiquement que le Sénégal n’avait, selon lui, qu’un seul président, Bassirou Diomaye Faye. Ces déclarations ne portaient pas sur la décision annoncée ce vendredi, mais elles traduisaient déjà les tensions politiques autour de la répartition du pouvoir exécutif.
L’annonce rapportée par EMedia suscite déjà des réactions dans la classe politique, alors que l’attention se porte désormais sur la composition du futur gouvernement. Quelques heures avant cette décision, Bassirou Diomaye Faye avait reçu d’anciens Premiers ministres et plusieurs anciens ministres des Finances.


