À Bakel, une partie de la récolte d’oignons risque de se dégrader avant même d’être vendue. À quelques jours de la Tabaski, période marquée par une forte consommation, plusieurs maraîchers font face à un marché déjà saturé, alors que leurs rendements sont jugés très bons cette année.
Dans ce département situé à l’est du Sénégal, les producteurs se retrouvent confrontés à une difficulté bien connue de nombreuses zones rurales : produire davantage sans disposer de moyens suffisants pour conserver les récoltes. L’information rapportée par l’APS et relayée par Lactuacho montre que cette situation pèse directement sur les revenus, puisque les agriculteurs doivent écouler rapidement leurs oignons alors que les prix ont baissé.
Des récoltes importantes, mais peu de solutions de conservation
Djibril Konaté, producteur interrogé, dit avoir récolté près de six tonnes sur une parcelle de 0,25 hectare située à quelques kilomètres de Bakel. Son champ a été aménagé après le retrait des eaux liées aux dernières inondations, et il a bénéficié d’un appui de l’État en semences et en engrais pour la contre-saison chaude. Malgré ce niveau de production, il explique que l’écoulement reste difficile, le marché local étant déjà approvisionné.
Dans sa ferme appelée “Falolaqué”, il tente de protéger sa production avec des moyens simples. Des draps sont accrochés entre des poteaux pour limiter l’effet de la chaleur, tandis qu’une partie des oignons est entreposée sous des arbres avant le tri et l’ensachage. Ces précautions ne suffisent pas toujours : il estime avoir perdu entre 700 kilos et une tonne à cause de la chaleur et des termites.
Samba Ka, chargé de la formation au sous-collège des producteurs d’oignon de Bakel, souligne lui aussi l’étroitesse du marché local. Il indique que les marchés hebdomadaires reçoivent en plus des producteurs venant d’autres régions, ce qui accentue la pression sur les prix. Il rappelle également que les inondations des dernières années ont perturbé les campagnes hivernales, poussant de nombreux agriculteurs vers les cultures de contre-saison.
Face à cette impasse, les producteurs envisagent de s’organiser avec l’appui de l’État et des collectivités territoriales pour créer des magasins communautaires de stockage. L’objectif est de mieux conserver les oignons afin de les vendre progressivement, dans l’espoir d’obtenir de meilleurs prix et de réduire les pertes.


