Aux États-Unis, Mohamed Soliman a plaidé coupable jeudi à des chefs d’accusation de meurtre liés à l’attaque menée à Boulder, dans le Colorado, pendant que des groupes locaux et des élus relançaient leurs appels pour que la famille de l’accusé ne soit plus visée par une procédure d’expulsion.
L’homme, un citoyen égyptien de 46 ans, est accusé d’avoir attaqué en juin 2025 des manifestants rassemblés en soutien à des captifs israéliens retenus à Gaza. Une vidéo le montrait lançant des cocktails Molotov sur le rassemblement. Karen Diamond, âgée de 82 ans, est ensuite morte des blessures subies lors de cette attaque.
Soliman a plaidé coupable à deux catégories distinctes d’accusations de meurtre liées à la mort de Karen Diamond, toutes deux passibles de la prison à vie. Il fait aussi face à plus de 100 chefs d’accusation au niveau de l’État, ainsi qu’à des poursuites fédérales pour crime de haine.
Au tribunal, un procureur a lu une déclaration des fils de la victime. Andrew et Ethan Diamond ont demandé que Soliman ne soit plus autorisé à revoir sa famille, disant qu’il était responsable du fait que leur mère, elle, ne reverrait jamais la sienne. Ils ont ajouté qu’elle avait enduré une « douleur indescriptible » pendant plus de trois semaines avant sa mort et qu’ils avaient alors découvert le sens des expressions « enfer vivant » et « pire que la mort ».
Après l’attaque, la Maison Blanche avait promis d’expulser rapidement l’épouse de Soliman, Hayam El Gamal, et leurs cinq enfants, âgés de cinq à 18 ans. La famille a condamné sans ambiguïté l’attaque et assuré n’en avoir eu aucune connaissance préalable. Hayam El Gamal a divorcé de son mari peu après les faits. Un agent du FBI a ensuite déclaré sous serment qu’il n’existait aucune preuve montrant que la famille connaissait le projet du père, alors même qu’aucun de ses membres n’a été inculpé.
Détenue dix mois dans un centre de rétention à Dilley, au Texas, la famille avait été libérée fin avril sur ordre d’un juge, avant d’être à nouveau arrêtée lors d’un contrôle programmé de l’ICE. Leur expulsion a finalement été bloquée par un juge, ce qui a conduit à une nouvelle remise en liberté. Dans une déclaration transmise à Al Jazeera en avril, un porte-parole du Department of Homeland Security affirmait pourtant que l’agence continuerait à se battre pour le renvoi de ceux qui n’ont pas le droit d’être dans le pays, « en particulier les terroristes et leurs associés ».
Depuis, plusieurs groupes communautaires et des élus de la région de Boulder ont signé une déclaration publique demandant aux autorités migratoires de cesser de cibler cette famille. Leur texte affirme qu’elle a sa place dans le pays et appelle les autorités fédérales à mettre fin à ce qu’ils décrivent comme une persécution, afin de laisser la famille et la communauté vivre en paix.


