L’ONG Horizon Sans Frontières a demandé l’ouverture d’une enquête indépendante et coordonnée à l’échelle du Sahel sur le sort de migrants portés disparus entre le Mali, le Niger et des zones sous emprise de groupes armés. Cette requête figure dans un communiqué rendu public par l’organisation.
Selon les informations rapportées par Sud Quotidien, le document évoque des migrants disparus sur des axes de transit sahéliens et appelle à situer les responsabilités. Le communiqué fait état de témoignages recueillis par l’ONG, qui décrivent des enlèvements suivis d’extorsions, des familles contraintes de payer pour espérer revoir leurs proches, ainsi que des cas de disparition totale.
Dans le texte, Boubacar Sèye, président de l’ONG Horizon Sans Frontières, affirme que son organisation reçoit régulièrement des appels de parents sans nouvelles de leurs fils ou de leurs frères, disparus entre le désert et les zones de transit du Sahel. Il mentionne des récits fragmentés faisant état d’interceptions par des groupes armés, d’enlèvements, de demandes de rançons et de violences, avant toute rupture de contact.
Boubacar Sèye soutient également qu’ignorer un lien possible entre migration irrégulière et enrôlement armé reviendrait, selon lui, à écarter une dimension essentielle de la crise sahélienne. Il pose la question de l’identité des hommes combattant au sein de groupes djihadistes au Mali, en évoquant l’hypothèse de migrants capturés, brisés puis enrôlés de force.
L’ONG appelle ainsi les États africains, les organisations régionales et les partenaires internationaux à établir la vérité, en identifiant les profils des combattants, en retraçant les parcours migratoires interrompus et en cherchant à comprendre les mécanismes d’enrôlement, qu’ils soient volontaires ou forcés.
D’après Sud Quotidien, le président de HSF estime par ailleurs que les routes migratoires irrégulières sont devenues des espaces de non-droit où opèrent passeurs, trafiquants et milices armées. Il affirme que, dans ces zones, des personnes parties chercher un avenir peuvent se retrouver prises dans des circuits de violence extrême. Le communiqué, transmis au journal, est signé dans un contexte où l’ONG dit vouloir donner une voix aux disparus des routes sahéliennes.


