Entre un approvisionnement jugé satisfaisant l’an dernier et des difficultés toujours signalées, le gouvernement a arrêté ce vendredi une nouvelle série de mesures pour préparer la Tabaski 2026. Réuni au Building administratif Président Mamadou Dia, le Conseil interministériel a ciblé la sécurité des circuits de commercialisation, l’encadrement des prix et l’organisation des points de vente, en particulier à Dakar.
La réunion du 08 mai 2026, présidée par le ministre, secrétaire général du gouvernement, Boubacar Camara, a aussi permis de faire le point sur l’exécution des directives du Premier ministre Ousmane Sonko. Dans le communiqué final, relayé par SeneNews, l’exécutif rappelle que 987 306 moutons avaient été recensés l’année dernière dans 296 marchés suivis, soit près de 119 % de l’objectif fixé à 830 000 têtes. La production locale représentait plus de 70 % de l’offre, contre près de 30 % pour les importations venues notamment du Mali et de la Mauritanie.
Des mesures immédiates sur les circuits de vente
Malgré ce bilan, plusieurs obstacles ont été relevés : insuffisance de points de vente aménagés, surtout à Dakar, installation anarchique de certains foirails, hausse du prix de l’aliment de bétail, coût élevé du transport des animaux et retards dans les financements destinés aux opérateurs. Pour y répondre, les ministères des Forces armées et de l’Intérieur devront renforcer la sécurité des personnes et des biens, des frontières jusqu’aux lieux de vente.
Le gouvernement demande aussi de faciliter la circulation des véhicules transportant les animaux, avec l’autorisation de trois bergers à bord des camions et wagons de convoyage. Les autorités ont également insisté sur l’application stricte des exonérations de taxes et droits sur les moutons de Tabaski aux frontières, sur les axes routiers et dans les marchés. Sur les sites de vente, des aménagements sont annoncés, avec éclairage, points d’eau temporaires, nettoyage avant et après la fête, désencombrement des espaces et mise en place de comités de gestion. Le ministère de la Santé devra y déployer des postes médicaux avancés et des équipes de prévention.
Prix, financement et objectif d’autosuffisance
Dans la même séquence, le ministère du Commerce est chargé de travailler avec les provendiers pour encadrer les prix de l’aliment de bétail et lutter contre les pratiques spéculatives. Des stocks d’aliments usinés doivent aussi être installés à proximité des points de vente autorisés. Le ministère des Finances est invité à accélérer la mobilisation des ressources, notamment pour l’achat d’aliment de bétail subventionné, tandis que La Banque Agricole, la BNDE, la DER/FJ et le FONSTAB devront accélérer le traitement des dossiers de crédit des opérateurs.
Le gouvernement veut enfin faciliter le passage des convois à travers le territoire gambien pour assurer l’approvisionnement des régions du Sud. Parmi les perspectives annoncées figurent le renforcement du Fonds d’appui à la stabulation, un programme de grande envergure pour la production de cultures fourragères et l’élaboration, par le ministère de l’Agriculture, d’un plan d’actions visant l’autosuffisance du Sénégal en production de moutons de Tabaski « dans les meilleurs délais possibles ».


