La députée et présidente du groupe parlementaire Takku Wallu, Aïssata Tall Sall, a vivement réagi à l’évolution du dossier relatif à la levée de l’immunité parlementaire de son collègue Farba Ngom, estimant que l’Assemblée nationale s’est elle-même fragilisée dans cette procédure.
Dans une déclaration critique, l’ancienne garde des Sceaux parle d’un « nouveau revers institutionnel ». « Encore un coup dur que l’Assemblée nationale s’est porté à elle-même ! », a-t-elle lancé, sur X vendredi, avant de mettre en cause le respect des règles internes du Parlement.
Selon elle, la décision de la Chambre d’accusation du 9 avril vient rappeler les exigences juridiques auxquelles doit se conformer l’institution parlementaire. « La Chambre d’Accusation rappelle à l’Assemblée nationale le sens et la portée de la Loi que, pourtant elle est seule à voter », souligne-t-elle, regrettant que ses alertes sur la procédure aient été ignorées.
Aïssata Tall Sall affirme que des avertissements avaient été formulés au sein même de l’hémicycle concernant une irrégularité de procédure. « Nous avions beau affirmer et répéter que la procédure est nulle pour violation de notre propre règlement intérieur, l’AN n’en a eu cure », a-t-elle ajouté.
Elle estime enfin que cette situation devrait servir de leçon aux parlementaires sur le respect des normes juridiques. « Les lois sont votées pour être respectées à commencer par nous-mêmes, les députés ».
Sur le plan judiciaire, la Chambre d’accusation a annulé plusieurs actes dans le cadre de l’affaire des téléphones portables de Farba Ngom, notamment les procès-verbaux n°28 et n°50, ainsi que les réquisitoires introductifs et supplétifs du procureur, fragilisant ainsi la procédure engagée.


