Le gouvernement péruvien traverse une nouvelle zone de turbulences suite à la décision du président par intérim, Jose Maria Balcazar, de reporter l’acquisition d’avions de combat américains. Cette suspension a provoqué des départs au sein de l’exécutif, sur fond de pressions diplomatiques.
Selon les informations rapportées par Al Jazeera, le ministre de la Défense, Carlos Diaz, et le ministre des Affaires étrangères, Hugo de Zela, ont officiellement remis leur démission ce mercredi. Les deux responsables ont exprimé dans leurs lettres de départ leur désaccord avec le choix du chef de l’État de différer l’achat d’avions de chasse F-16 au constructeur américain Lockheed Martin.
Le contrat, évalué à 3,5 milliards de dollars, devait initialement se concrétiser par la livraison d’un premier lot de douze appareils, sur un total de vingt-quatre, pour moderniser l’armée de l’air péruvienne. Le président Balcazar, désigné par le Congrès en février dernier, a annulé la cérémonie de signature. Il a estimé qu’un tel engagement financier incombait à la prochaine administration. « S’engager sur une telle somme serait une mauvaise pratique pour un gouvernement de transition », a-t-il justifié, précisant que les négociations n’étaient pas pour autant rompues.
Cette prudence a suscité une vive réaction de l’administration américaine. L’ambassadeur des États-Unis au Pérou, Bernie Navarro, a publié une mise en garde le 17 avril. Intervenant au nom du président Donald Trump, le diplomate a prévenu qu’il utiliserait tous les outils disponibles pour protéger les intérêts américains face à tout traitement de mauvaise foi. Bernie Navarro a également réfuté les arguments des critiques affirmant que des concurrents européens, comme le français Dassault Aviation ou le suédois Saab AB, avaient présenté des offres plus compétitives.
Le pays, qui connaît actuellement son neuvième président en une décennie, est plongé dans un processus électoral complexe marqué par des lenteurs dans le dépouillement. Le futur chef de l’État devrait prendre ses fonctions le 28 juillet prochain, alors que Washington accentue par ailleurs sa pression sur Lima pour contrer l’influence économique chinoise dans la région.


