Pourquoi le Niger élargit-il soudainement sa cible à neuf médias français, alors que certaines antennes étaient déjà coupées depuis le putsch de 2023 ? Vendredi, le conseil militaire au pouvoir a annoncé une suspension immédiate en affirmant que ces médias menaçaient l’ordre public.
Que dit précisément le communiqué officiel ? Le texte diffusé à la télévision d’État accuse les organes visés de publier un « contenu susceptible d’exposer l’ordre public, l’unité nationale, la cohésion sociale et la stabilité des institutions du Niger à un grave danger ». Il précise aussi que la mesure s’applique aux bouquets satellitaires, aux réseaux câblés, aux plateformes numériques, aux sites internet et aux applications mobiles.
Quels médias sont concernés ? La liste comprend France 24, Radio France internationale, France Afrique Media, LCI Africa, l’Agence France-Presse, TV5 Monde, TF1 Info, Jeune Afrique et Mediapart, une décision rapportée au fil de ces éléments par Raialyoum. Radio France internationale et France 24 avaient déjà été suspendues quelques jours après le coup d’État de juillet 2023, tandis que la BBC l’avait été en décembre 2024.
Une nouvelle étape dans le durcissement contre la presse
Le Niger agit-il seul dans la région ? La source rappelle que mardi, le Burkina Faso, allié du Niger et du Mali au sein de l’Alliance des États du Sahel, a interdit la diffusion de TV5 Monde. Le Mali avait lui aussi interdit des médias français. Cette décision nigérienne intervient quelques jours avant un sommet prévu au Kenya entre la France et plusieurs pays africains.
Que dit le reste du dossier sur la liberté de la presse dans le pays ? Le conseil militaire a aussi visé des journalistes nigériens travaillant pour des médias étrangers ou locaux. Cette semaine, deux journalistes nigériens, Ghazali Abdou, correspondant de Deutsche Welle, et Hassan Zada, rédacteur en chef d’un journal régional, ont été libérés après plusieurs mois de détention.
Quels chiffres sont avancés dans la source elle-même ? En 2025, 13 journalistes ont été arrêtés dans le pays, d’après les Nations unies qui ont réclamé leur libération. Des médias locaux indiquent que six restent détenus au Niger pour des accusations d’atteinte à la défense nationale et de complot contre l’État. En 2026, le pays a perdu 37 places dans le classement de Reporters sans frontières, se retrouvant 120e sur 180. La source rappelle enfin qu’en 2024, une loi a criminalisé la publication en ligne de « données » pouvant troubler l’ordre public, et qu’en 2025, près de 3.000 ONG locales et étrangères ont aussi vu leurs activités suspendues.


