Au Niger, la junte militaire a suspendu avecïfet immédiat neuf médias français, a rapporté Modernghana après la diffusion vendredi d’un communiqué à la télévision d’État annonçant une mesure prise au nom de la préservation de l’ordre public. Cette décision vise plusieurs acteurs majeurs de l’information française, sur fond de nouvelles tensions entre Niamey et Paris.
Parmi les organes concernés figurent France 24, RFI, AFP, TV5 Monde, TF1 Info, Jeune Afrique, Mediapart, France Afrique Media et LSI Africa. La suspension s’applique aux bouquets satellitaires, aux réseaux câblés, aux plateformes numériques, aux sites internet et aux applications mobiles.
Une décision justifiée par les autorités nigériennes
Les autorités militaires accusent ces médias de menacer l’ordre public. L’annonce intervient quelques jours avant un sommet France-Afrique prévu au Kenya, auquel ne participent ni le Niger, ni le Mali, ni le Burkina Faso, les trois pays dirigés par des juntes. Le climat antifrançais reste élevé dans plusieurs anciennes colonies françaises, tandis que l’influence russe et chinoise progresse sur le continent.
Cette nouvelle mesure s’inscrit dans une séquence déjà entamée après le coup d’État de juillet 2023 au Niger. Les signaux de RFI et de France 24 avaient été coupés une semaine après ce putsch. La même semaine, le Burkina Faso, allié du Niger, avait aussi interdit TV5 Monde en l’accusant de « désinformation » et de « glorification du terrorisme ».
Des réactions déjà exprimées sur la liberté de la presse
Le contexte s’est encore alourdi en 2026, année où le Niger a perdu 37 places dans le classement mondial de la liberté de la presse établi par Reporters Without Borders, tombant au 120e rang sur 180 pays. Reporters Without Borders et Amnesty International ont, à plusieurs reprises, fait part de leur vive inquiétude face aux atteintes à la liberté de la presse dans le pays.
Le Niger, le Mali et le Burkina Faso avaient auparavant obtenu le retrait des forces françaises déployées dans le cadre d’opérations antiterroristes, en accusant Paris d’ingérence dans leurs affaires intérieures. Depuis, ces trois pays se sont rapprochés de la Russie.


